Confessions, VIII
2. « Je ne doute pas que vous n'ayez conservé pour moi ceUe môme bonté que vous m'avez témoignée jusqu'à présent » (lettre de Rousseau à Mlle Giraud [39], 166-167). Cf. encore VÉtat des nouveaux convertis.... d'août 1732 [547], 37 : ■< Mademoiselle Giraud, lille sage et dont la probité est reconnue d'un chacun ».
3. X, 4. Cette lettre [de l'été de 1731] est donnée dans les éditions du xix" siècle comme adressée à Mlle de Gralîenried. Elle est écrite, en réalité, à Mlle Giraud : cf. Th. Dufour [39], 16.5.
LES ANNÉES CATUOLIQUES ET M"^ DE WAUENS. 81
Nul motif intéressé ne vient y mettre une suspicion; on y sent même cette fierté dont Jean-Jacques se parera tant «le fois et qui le fait se rattaclier plus àpremcnt a ses croyances, quand il se trouve dans un milieu je ne dis pas hostile, mais où on essaie de le conquérir. Les invitations plus ou moins déguisées de son père ^ et de ses compatriotes à reprendre la foi nationale lont plu o affermi dans son catholicisme de fraîche date : en plein pays protestant, il ne rougit pas de pratiquer; et, tous les dimanches, il fait deux lieues pour entendre la messe -. Tant que la maison de Mme de Warens restera le centre de sa vie, il gardera ce catholicisme déclaré. Mme de Larnage le prendra même pour un « dévot », en le voyan assister à la messe avec cette « contenance modeste et recueillie », qu'il avait toujours à l'église ^ J'étais alors, dira-t-il beaucoup plus tard, « sincèrement attache a ma nouvelle religion ». Cet aveu, qui devait peut-être lui coûter il Ta répété deux fois dans les Confessions^, bi, d'ailleurs, il avait voulu dissimuler les sentiments de sa ieunesse, les archives du notaire Rivoire en conserveraient le certificat authentique. Le 27 juin 1737, étant à Chambery, dans la maison de Mme de Warens, une bouteille d encre de sympathie éclata au visage de ce physicien maladroit : il se crut mort, et dicta son testament. Le testament disait :
Le sieur Jean Jacques, fils disaac Rousseau..., considérant la c^erlitude de la mort et l'incertitude de son heure ç qu'il est prêt d'aller rendre compte à Dieu de ses actions, a lait son testament comme ci-après. Premièrement s'est muni du si-ne de la Sainte-Croix sur son corps, en disant au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit, recommande son amc a Dieu son créateur, le priant par les mérites de Notre-Seigneur Jesus-
1. Cf. l'entrevue de Nyon dans l'été de 1730, ^^^ i^, l*;^^;^ J/^.,/"' écrivit son père peu de temps après, Confessions, MU, 102 et Wi.