‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 141 sur 239 · Confessions, VIII · texte numérisé non relu

Confessions, VIII

culte qu'elles prescrivent, ne portons point les citoyens à la désobéissance; car nous ne savons point cci-lainement si c'est un bien pour eux de quitter leurs opinions pour d'autres, et nous savons très certainement que c est un mal de désobéir aux lois ^ ». C'est dans la Profession de foi que nous trouvons ces règles de conduite si peu révolutionnaires; mais elles sont comme Taboutisscment delà politique du Contrat, qui les suggère partout, s'il ne les formule explicitement. A travers quelques contradictions verbales, dont on aperçoit maintenant comment elles se résolvent, c'est bien à la môme cité que travaillent d'un commun accord l'auteur de la Fieligion civile et le Vicaire Savoyard.

Mais il convient, dans lexposé de la religion de Rousseau, de ne point s'attarder à son système de politique cultuelle, car c'est peut-être là, quoi qu'on en puisse croire d'abord, qu'il s'est montré, je ne dis pas même le moins original, mais le moins personnel. Condensée en formules impérieuses, et presque transcendantes, qui semblent tomber de je ne sais quel Sinaï civique, la doctrine religieuse du Contrat scandalise et irrite; mais ce qui en constitue les principes essentiels appartient intégralement à la double culture que l'on retrouve, à dose inégale, dans presque toute l'œuvre de Jean-Jacques.

On vient de voir que le chapitre de la Religion civile contenait, du point de vue de l'État, une critique assez vive du christianisme. Cette critique est éparse chez nombre de « philosophes » du xviii'' siècle, spécialement chez les « holbachions ». Mais, bien avant V Encyclopédie, Jean-Jacques avait pu la trouver chez un auteur qu'il estimait beaicoup, et précisément dans un ouvrage que le

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