Lettre de Chapuis à Rousseau, de
LES DEIÎMKRES PAROLES Dl' CROYANT. 209
quelques mois avaut de quitter Motiers sous les pierres des lapideurs : « J'aime naturellement autant votre clergé que je hais le nôtre, .lai beaucoup d'amis parmi le clergé de France, et j'ai toujours très bien vécu avec eux^ ».
C'était vrai, et ce le sera de plus en plus. Quand il arrivera en fugitif à Strasbourg, ce sera autour de lui un empressement universel; et, « ce qui vous surprendra, écrit-il à Du Peyrou, est que les gens d'Église semblent vouloir renchérir encore sur les autres. Ils ont l'air de me dire dans leurs manières : distinguez-nous de vos ministres; vous voyez que nous ne pensons pas comme eux- ». Désormais, comme au temps des Charmettes ou de Montmorency, Jean-Jacques se retrouvera fort à l'aise avec tout le personnel de l'Église romaine. Les prêtres ne manqueront pas, sans doute, pour « aboyer après lui », comme il dira; mais ce ne seront pas seulement les évéques « qui s'honoreront en lui marquant des égards-^ ». Entre l'archevêque de Paris et lui, une espèce de réconciliation tacite s'est faite. Ils se considèrent tous deux comme des « gens de bien »; et c'est sans rire que, vers la fin de sa vie, il lègue par testament à M. de Beaumont ses droits sur le Devin da village, pour que l'archevêque les revendique « au profit des pauvres* ». Il a plaisir à se rencontrer à table avec un ami du pieux Saint-Germain, M. de Leyssin, archevêque d'Embrun^; il a des relations de voisinage affectueux avec l'abbesse de Gomerfontaine, une femme « bienfaisante, éclairée, et qui l'aime'' »; il intervient auprès du prince de