‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 179 sur 239 · Dialogues, IX · texte numérisé non relu

Dialogues, IX

6. Bernardin de .Saint-Pierre, J. J. Rousseau [154], 122 ; Dialogues, IX,,

chose le joug de la nécessité, et à s'y soumettre, à ne murmurer jamais contre la Providence »; « remettre mon sort dans les mains de la Providence, et ne plus vouloir résister à la nécessité, voilà ma dernière résolution' »; et elle est équivoque; car, ailleurs encore, il semble bien ne prêcher pour lui, comme pour les autres, que l'acceptation pure et simple du « dur joug », de « l'inflexible joug de la nécessité- ».

Mais non, ce n est pas là toute la foi de Jean-Jacques en la Providence. Peut-être son tempérament se satisferait-il de cette soumission toute brute ; mais à ce fatalisme d'oriental s'est juxtaposée une foi, qu'il faut bien appeler une foi de chrétien : « Tout doit à la fin rentrer dans l'ordre 3»; les réparations du siècle à venir justifient la Providence; et l'attente de l'immortalité, en couronnant cette résignation d'un espoir, achève de la rendre chrétienne. Ce n'est point que, par places, on ne puisse découvrir chez lui quelques doutes, ou, du moins, quelques inquiétudes : <( Quand les maux ou les ans, écrit-il à son vieil ami Doguin, auront mûri ce fruit éphémère, nous le laisserons tomber sans murmure; et tout ce qu'il peut arriver de pis, en toute supposition, est que nous cesserons alors, moi d'aimer le bien, vous den faire '• ». « Je ne serai rien ou je serai bien, se disait-il parfois; cela vaut toujours mieux pour moi que cette vie'^ ». Mais il est le premier à reconnaître que ces heures d'abattement étaient rares : ce sont seulement de ces doutes furtifs dont l'âme

1. Dialogues, IX, 238; lettre à la marquise de Mesmes, du 12 septembre 1767, XII, 36.

2. Cf. Correspondance, XI, 292, 296, XII, 107, 1.j3, 174, etc.; Rêveries, IX, 385, etc.

3. Rêveries, IX, 337; cf. encore lettre à Moultou, du 14 février 1709, XII, 138.

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