‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 239 sur 239 · ROUSSEAU EXPLIQUÉ PAR JEAN-JACQUES · texte numérisé non relu

ROUSSEAU EXPLIQUÉ PAR JEAN-JACQUES

l-E RAPPORT

Le dédoublement des Dialogues : la religion de Rousseau transposition métaphysique de la vie de Jean-Jacques 252

L — Ne pas chercher chez lui un système religieux, mais des intuitions qui ne sont pas toujours coordonnées. — Imprécision de sa langue, et qu'elle augmente la difficulté des interprétations. Conscience qu'il en a eue. — Demander à Rousseau non l'identité des termes, mais la permanence du sentiment dominateur. — Le besoin profond : « il faut être soi >■, et, dans la recherche de la vérité, trouver - sa vérité », •■ non pas ce qui^st, mais ce qui est utile •■. — Ne pas interpréter ces maximes d'égotisme en conseils bassement utilitaires, quoiqu'il ait eu parfois des formules équivoques. — La plainte de Pygmalion : importance révélatrice de ce morceau. — •■ La plénitude des choses réalisée dans une âme par sa puissance de désir : le - pygmalionisme ». — < Il n'y a rien de beau que ce qui n'est pas ». — Le Dieu de Rousseau n'existe pleinement que dans l'adoration de Jean-Jacques. — Si c'est dans le «■ pays des chimères » qu'habile la vérité? — La vérité n'est vraie que si elle est bienfaisante et nous aide à vivre. — Ce que l'on peut appeler le « pragmatisme » de Rousseau. . 253

II. — Les deux directions religieuses de la pensée de Rous- :->. seau : la religion de - l'homme », et la religion du « citoyen » la religion des exigences sociales, et la religion des rêveries

solitaires. — La péuétratiun de <es deux religions : le rapport de l'idée de nature et de l'idée de Providence. — Ce qui reste, d'ailleurs, d'individualisme dans sa religion sociale : le besoin d'une certitude rassurante, et l'indifférence aux problèmes métaphysiques. — L'attitude de Rousseau dans le problème de la création et le problème du mal. — L'allure instinctive de cette religion : l'extase quiétiste; et, surajoutés à celle-ci, sincères encore et spontanés, mais moins profonds, le credo du cœur, le désir d'une vérité bienfaisante et consolante. — Mais qu'ici ce n'est plus l'instinct seul qui parle : il y a l'apport inconscient des philosophes et des théologiens contemporains. 2G3

III. — Les dogmes qu'a conservés la religion de Rousseau, et qu'ils sont chrétiens. — Mais groupés autour d'un centre intelj lectuel qui semble la négation du christianisme : l'idée da ■< nature ». — Les morales de la « nature », et qu'elles tendenu à ramener l'homme à l'unité. — La morale de Diderot et de\ D'Holbach. — La morale de l'Emile; et qu'elle est aussi une! morale de la nature et de l'unité. — Mais que ce n'est pas la morale du Vicaire Savoyard. — Opposition sur des points essentiels de VÉinile et de la Profession. — L'homme naturel, et <■ naturellement bon >., de VÉmile; l'homme de la Profession tiraillé entre une pensée divine et un corps qui « l'abaisse ".

— Essai de conciliation de- ces deux thèses, ou plutôt de la religion et de la philosophie, chez Rousseau. — La Lettre à M. de Beauinont, et l'analyse toute pascalienne du composé humain. — La n*fegation du péché originel, mais son rétablissement sous un autre nom : le péché social 269

IV. — Prolongation de ce conflit au sein de l'idée de nature.

— Les éléments constitutifs de cette idée au xviii" siècle. — L'homme de la nature et son histoire, d'après les voyageurs et les philosophes. — Que c'est celui du Discours sur Vinégalité.

— La réflexion inaccessible à cet homme « stupide •■ et « grossier » ; et la religion aussi. — La •• religion naturelle » opposée' " à « l'état de nature ». — L'homme de la Profession de foi; et que la réflexion, les hauts désirs et la religion lui sont •■ naturels ». — Qu'il semble donc y avoir dans la pensée de Rousseau deux représentations contradictoires de la genèse humaine. — Mais que Rousseau échappe à cette exigence intellectuelle de se représenter les choses sous forme historique.

— Il a pu écrire le second Discours sans renoncer explicitement aux données de " l'histoire sainte ». — Sincérité de ses déclarations à ce sujet. — Valeur théorique de sa description de l'homme « primitif », ou plutôt de l'homme « originel ».

— Le second Discours moins une histoire qu'une reconstitution psychologique. — Que ces remarques ne permettent pas encore de concilier la >< nature » du Vicaire Savoyard et •• l'état de nature » de Vinégalité. — Mais ne pas oublier que « l'état de

nature » n'est pas toute la « nature » ; et que, de plus en plus, chez Rousseau, l'idée de « nature » s'intériorise, pour devenir surtout un appel du dedans. — La riposte significative à Gresset. — La nature ne se réalise et n'existe à proprement parler que dans les âmes qui la sentent et la veulent. — Que c'est assurer définitivement la suprématie du cœur dans !a vie religieuse, la suprématie du moi divinisé. — Jean-Jacques à la fois « l'homme de la nature " et le « Dieu de ia nature ». — Ce qui reste pourtant d'espérances chrétiennes dans cette religion de Rousseau

Page 1