‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 238 sur 239 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le dernier chapitre du Contrat; ajouté à l'œuvre en 1761. . . 178

1. — Utilité de celte remarque avant de dénoncer l'opposition religieuse du Contrat et de la Profession. — Leurs apparentes contradictions; et qu'elles peuvent déjà s'expliquer par les points de vue diiïérents : celui de l'homme et celui de l'État. — Ce qu'il y a de destructif pour tout État dans le christianisme intégral. — Mais que ce christianisme est irréalisable, et qu'un christianisme mitigé ou inconséquent reste une force sociale bienfaisante. — Que, d'ailleurs, d'autres religions le sont aussi. — La religion civile garde de toutes ces religions ce qu'il y a d'essentiel à la vie civile 179

IL — Mais que cette religion essentielle est strictement essentielle à l'État. — L'obligation civile ne peut finalement se légitimer que par Dieu. — Les hésitations de la pensée de Rousseau dans la conception du a pacte social ». — La volonté générale et la loi insuffisantes sans « celui qui donne un but à la justice. — Que ce n'est pas la négation de l'idée de '< Contrat » : si la société ne repose pas sur un « Dieu la veut », elle peut reposer sur un « Dieu la garde • . — Les conséquences de ces principes également intolérantes contre les athées et contre les missionnaires. — Conclusions très pratiques conservatrices : le respect de l'ordre public; le culte affaire de police. — L'application aux revendications protestantes. —

Comment la Profession et le Contrat se rejoignent 185

IL — Ne pas se laisser surprendre par le ton du Contrat. — Banalité du système de politique religieuse qui y est présenté. » — La critique du christianisme, au point de vue social, par ) Machiavel, Diderot, D'Holbach et les <■ philosophistes ». — Influence, en sens opposé, des théoriciens protestants du droit public. — L'intolérance de Rousseau ramenée à sa juste valeur par le rapprochement des déclarations de Pufendorf, Barbeyrac et du « sage Locke ». — Les Fundainental constitutions of Caroline aussi intolérantes que la cité du Contrat. — Si Rousseau a réalisé le problème qu'il s'était posé; et si le vrai théisme n'est pas aussi destructeur de l'État que le christianisme. — L'État de Jean-Jacques se ramène finalement à la paroisse du Vicaire 195

I. — L'adieu de Rousseau à tous les clergés après l'aventure de Motiers. — Mais que le clergé catholique bénéficie par contraste de sa rancune contre les ministres. — Ses amitiés catholiques et ses avances au clergé français; ce qu'il voit même de salutaire dans la discipline intellectuelle de la foi romaine. — La rentrée de Jean-Jacques dans les églises et les monastères catholiques; les émotions qu'il y trouve; le ■" culte de Fénelon. — Ne pas interpréter à contresens ces témoignages de sympathies, et ne pas y chercher des velléités d'une nouvelle conversion. — Refus de s'enchaîner par toute formule dogmatique. — De la bonne foi plutôt que de la foi. — « Paradis aux bienfaisants, », et l'Évangile de la miséricorde. 205

H. — Qu'il ne veut plus d'autre théologie, ni d'autre philosophie. — Le dégoût croissant des idées et des livres : « il a dit tout ce qu'il avait à dire >■ ; il ne veut plus « penser ». — L'abdication de l'intelligence pour garder la paix. — L'installation définitive dans les théories rassurantes du Vicaire. — La cristallisation du système. —La lettre à M. de Franquières en 1769 : une dernière « profession de foi », dont la doctrine est la même que celle de 1762, mais qui en a perdu l'accent rationaliste. — La souveraineté du dictamen intérieur. — Le credo rudimentaire et sentimental des dernières années. • — La peur de la ligue <■ philosophique »; qu'elle est la rancune d'un ami trompé, mais plus encore la méfiance d'un esprit que le raisonnement alTole 216

III. — La religion intérieure; le reploiement craintif sur soi. — Les ■< consolations des misères de sa vie » : musique et botanique : ce qu'il y entre de religion. — L'état de « rêverie »; la libération qu'il lui procure. — L'univers absorbé par le moi de Jean-Jacques; la joie d'être soi et d'être tout : la déification qu'elle comporte. — Les anticipations d'éternité. — Le quiétisme de Rousseau, ou plutôt son orientalisme paresseux : l'abandon à la Providence et la résignation à « l'inflexible joug de la nécessité » 225

IV. — Sous cette indifférence théologique, et derrière ces rêveries du poète, demeure un christianisme vivace. — La foi dans l'immortalité et le « revoir » de l'au-delà. — L'admiration fidèle de la Bible : le Lévilè d'Éphraïm et la poésie de l'ancien Testament. — Le miracle juif : l'étonnement devant l'œuvre de Moïse et la survivance d'un peuple proscrit. — Les consolations de la Bible. — Les plus « beaux passages de l'Ecriture :

textes choisis. — Les visions d'Isaïe ; et comment Jean-Jac((ues pouvait y retrouver les siennes. — h' Imitation -, l'exemplaire annoté de Jean-Jacques : l'amour du silence, de la solitude et le mépris du siècle. — Le bréviaire portatif du sage : L'Ecclési'iste; la vanité de tout et la tristesse de la science; le Sermon sur la montagne, et les béatitudes du juste persécute. — Le retour inlassé devant la figure de Jésus, <. le sage hébreu ■■ et - l'homme divin » 233

V. — Du parallèle inconscient, et.plusieurs fois repris par Jean- Jacques, entre Jésus et lui.— Il est, comme le Christ, le juste prédit par Platon. — Ne pas préciser ces assimilations ; remarquer seulement qu'il s'est senti •■ d'une autre espèce ■> que le reste des hommes, et qu'il s'est classé parmi les hérauts et les martyrs de la Providence. — Sa mort : sérénité, apaisement et sécurité. — Les derniers rêves et les derniers gestes : christianisme ou adoration de soi-même? — Le mot de Thérèse : « Si mon mari n'est pas un saint, qui est-ce qui le sera »? . 24C

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