‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 3)Chapitre 89 sur 239 · Cf. É. llod [.o · texte numérisé non relu

Cf. É. llod [.o

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130 LA " l'HOFESSION DE FOI » DE JEAN -JACQUES.

Voltaire, on croira sans peine qu'il devait trouver fort plaisant de voir les ministres de Genève se brouiller avec le « citoyen de Genève »; et Ton s'imagine volontiers que, dans ses épanchcments avec <( son très cher curé », Jacob Vernes \ il ne devait pas se refuser la satisfaction de mettre en leur lustre toutes les impiétés de Jean-Jacques. La conversation, d'une si jolie tartufferie, qu'il aurait eue avec un de ses ouvriers du comté de Neuchatel, et que Rousseau nous rapporte -, paraît infiniment vraisemblable; et il paraît plus vraisemblable encore que ce ne fut pas seulement ses ouvriers qu'il avait pris pour conlidenls de ses pensées. Mais rien n'autorise à supposer qu'avant les Lettres de la montagne, qui le blesseront au vif et l'atteindront surtout dans sa sécurité, — il ait essayé sournoisement de déchaîner la persécution contre l'auteur du Vicaire Savoyard. Il est, au contraire, fort possible qr.e, dans les premiers temps. Voltaire ait oublié ses anciens griefs, oublié même toutes les pages « fanatiques » ou a hypocrites » de la Profession, pour se réjouir seulement du réquisitoire antichrétien, qu'il allait bientôt insérer dans son Recueil nécessaire. Pourtant, il n'aurait plus été Voltaire, s'il avait pu voir venir la bataille entre Jean- Jacques et ses pasteurs, sans d'abord s'en féliciter, puis sans la faciliter^. Le spectacle était trop divertissant pour s'en priver. Il ne serait donc pas impossible que ce fût bien lui, comme le croyaient Moultou et Vernet, qui, dès le mois d'août 1762, eût répandu le bruit, à Paris et dans les gazettes, que les ministres de Genève avaient approuvé VÉmile. 11 espérait ainsi « soulever la Compagnie contre Jean-Jacques », les mettre aux prises et se venger des deux à la fois *. C'était de bonne guerre voltairienne. Peines perdues, si elles fui-ent prises : la diplomatie de

1. Vollaiie à Jacob Vernes, lettre du 24 mai 17G3 [126], XLII, 4S0.

2. Leltio u iMme de Buufllers, du 30 octobre 1762, X, 379-380.

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