‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 126 sur 386 · ROUSSEAU ET LA PENSÉE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

ROUSSEAU ET LA PENSÉE CHRÉTIENNE

A LA FIN DU XVII r SIÈCLE

« Cet homme vénérable », s'écriait Rousseau en s'attendrissant sur son Vicaire, « vraiment chrétien, et le catholique le plus sincère qui peut-être ait jamais existé ' »! On comprend, qu"à Paris et à Genève, chrétiens et catholiques n'aient pas enregistré ce certificat sans quelque hésitation. Vainement Jean-Jacques multipliera les assurances de son christianisme — « je suis chrétien et sincèrement chrétien », répétait-il 2, — les chrétiens de toutes les Églises se retrouveront provisoirement d'accord pour l'excommunier. Le mandement de l'archevêque de Paris, la censure de la Sorbonne, les réfutations violentes, que multipliaient, au lendemain de YÉmile, des théologiens aussi sûrs de leur doctrine que des « sophismes » du Vicaire, — tout ce premier tapage, sans atténuation ni réserve, paraîtrait témoigner, dans la conscience catholique, d'une instinctive unanimité contre « le plus horrible des blasphémateurs ». contre ce rêveur effronté, « digne de l'exécration publi-

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