‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 127 sur 386 · i- Lettre de la montaç/ne · texte numérisé non relu

i- Lettre de la montaç/ne

2. Lettre à M. de Bcauinont, lit, S2; III'' Lettre de la montagne, III, 147. elc.

i]ue ' ». Pendant qnekiue dix ans, les prédicateurs en quête de succès se l'offriront aux dépens de Jean-Jacques, et le malmèneront en beau style. L'abbé de la Tour du Pin, nous l'avons vu, fut un des premiers à « lanathématiser » du haut de la chaire-; l'abbé Torné, dans son carême de 1764, dénonçait devant le roi cette « profession de foi impie et sacrilège^ »; le P. Lenfant, passant en revue quelques-uns des plus <■ mauvais livres »,dont « la malheureuse fécondité du siècle » inonde les fidèles, fait une large place à ceux de Rousseau, et l'installe aux côtés d'Helvetius et de Diderot*; ceux qui ont du goût pour les parallèles, et qui jugent que Bayle et Spinoza ont un peu perdu de leur aclualité-', trouvent on Jean-Jacques et V^oltaire un sujet tentant : « L'un, génie fougueux, sombre, vaste et profond, met en usage tout ce que le raisonnement a de plus fort, pour faire valoir ses monstrueux paradoxes et ses contradictions palpables; l'autre, esprit fin et adroit, faux et mordant, met en œuvre tout ce que le mensonge et le ridicule ont de plus séduisant pour affaiblir les fondements de la religion; le premier, sophiste hardi, le second, poète léger, tous deux rivaux et même ennemis, se réunissent cependant pour prêcher, outre l'irréligion, la révolte contre toute autorité légitime ». S'ils avaient voulu ne pas toucher « aux principes les plus respectables » et à « la religion de leurs pères », ils auraient fait » les délices de l'Europe »; maintenant ils en sont le scandale, « proscrits de leur patrie, bannis, pour ainsi dire, de l'univers entier, en horreur aux honnêtes gens, portant sur leur front ce caractère de réprobation, funeste mais juste récompense de l'abus des talents^ )>.

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