‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 14 sur 386 · Essai sur les inœars, VI .299], XI · texte numérisé non relu

Essai sur les inœars, VI .299], XI

SinMFlCATION HISTORIQUE DE LA « PHOFESSIOX OE FOI ». 2'.^

luelle de cette argumentation est celle-là même qui supporte — et, en un certain sens, légitime — les insultes et les grossièretés de tous les holbachiens contre Jésus; c'est à eux que Jean-Jacques emprunte ses ai-guments contre les miracles, les prophéties. Tin justice et l'impossibilité d'une révélation. Avant de « réfuter » ses adversaires, le Vicaire Savoyard les utilise; et presque toute la seconde partie de sa Profession est comme une petite somme (c philosophiste ' » ; mais déjà Taccent est autre : sauf peut-être le dialogue de VInspiré et du Raisonneur, tout y est dit avec un sérieux qui élève le débat, et le maintient en dignité : aucune plaisanterie indécente, aucune « brutalité à la Voltaire »; la discussion reste grave et ardente. Une fois pourtant, le premier mot de Rousseau avait été d'une ironie toute voltairienne : « Laissez-moi de grâce, s'écriait-il, aller voir ce merveilleux pays, où les vierges accouchent, où les dieux naissent comme des hommes, mangent, souffrent et meurent^ »; mais cette mauvaise plaisanterie a disparu, si bien disparu même que le Vicaire, faisant volte-face, sattendrit sur « la mort d'un Dieu ».

Et puis, comme ce réquisitoire perd de son efficacité, en restant si général et tout théorique! Ce qui fait la force populaire des Meslier, des Voltaire, des Dumarsais, c'est que, chez eux. presque toutes leurs négations et leurs ironies s'illustrent d'un fait, d'un exemple, qui les rend inoubliables et qui assure la durée de leur victoire. Le Vicaire ne descend pas des hauteurs rationnelles où les faits semblent inexistants. Il rejette miracles et prophéties, c'est vrai; mais il le fait brièvement, et sans particulariser ou préciser sa négation '^■, il s'interdira ce jeu facile de mettre les textes

1. Cf.. pour cctlc seconde partie, les notes de mon édition [47], où l'on verra (|ne presque tous les arguments du Vicaire se retrouvent — et bien des fois sous une forme très voisine — dans Fréret, le pseudo- Saint-Évremond, Burip-ny, Dumarsais, Toussaint, etc.

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