Srnnun sur la foi [9o
moi, dira (iiielques années plus tard Taljbé Lamourette, ne consiste pas dans ses rapports avec ce qui m"est étranger; mais elle consiste immédiatement et essentiellement on ce que je la sens s'adapter à mon àme et coordonner ses lois avec celles de ma conscieifbe' ».
Ainsi, pour ces prêtres comme pour Jean-Jàc^:iues, la révélation se confond avec la conscience; ou, si l'on veut emitloyer la définition de Marinontel, (pie j'ai rappelée, et qui résume si heureusement les idées de Jean-Jacques, « la révélation n'est que le supplément de la conscience ». C'est la formule même dont se servent et l'abbé Boulogne et l'abbé Maury^. Ce christianisme, qui ne veut plus d'autre preuve que la conscience, risque bien de faire double emploi avec cette religion naturelle qu'a réclamée le Vicaire Savoyard ; il semble même, par instants, ne vouloir plus être qu'une religion de la nature. Pascal avait dit du christianisme, pour lui en faire honneur, comme d'un signe de vérité, <c qu'il était' la seule religion contre la nature^ »; le xviii" siècle chrétien, qui n'aura pas su résister à la musique de Rousseau, mettra en équation christianisme et nature. L'abbé de Beauvais se contentera (-ncore de voir dans la nature le chemin qui conduit à l'Évangile : il suppliera son auditeur « de se convertir à la loi de la nature, pour mériter de se convertir à la loi de Jésus-Christ ' ->; mais l'abbé de Vauxelles, dans un sermon célèbre, mettra sur le même plan « le goût de la nature et le respect de l'Évangile » ; il montrera l'homme des champs " vivant sous la garde de la nature et sous l'empire de la loi du Seigneur' ■>; l'abbé Fauchet saluera dans les