‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 160 sur 386 · Le chrétien pur le sentiment [334], II · texte numérisé non relu

Le chrétien pur le sentiment [334], II

2U2 ROUSSKAU ET LA HP.STAUHATION RELlGIiaSE.

Les consolations qu'elle nous procure, les remèdes qu'elle nous oiïre, nos maux qu'elle soulage, nos besoins quelle satisfait, nos désirs qu'elle remplit, notre repos ([u'elle assure, nos espérances quelle agrandit, notre infirmité qu'elle soutient, voilà, mes frères, les plus beaux titres de notre foi et la base inaltérable de ses véritables lumières. Envisagée sous ces nobles rapports, qu'il en coûte peu de s'y soumettre! La soumission alors nest presque plus un sacrifice. Il semble, qu'en obéissant à ses oracles, nous n'obéissons qu'à nous-mêmes. Elle n'arraclie point notre consentement, elle l'obtient; elle ne le captive pas, elle le gagne. Alors l'amour se réveille, les sentiments s'enflamment, le cœur est encbaîné, l'âme entière .se repose en elle avec délices; tout l'homme se penche vers elle comme par un instinct qui prévient tout raisonnement. On n'est peut-être pas convaincu, mais on est persuadé. La hauteur de ses mystères nous étonne, mais leurs charmes nous entraînent; on ne les comprend pas, mais on les sent '.

Et l'abbé Boulogne, qui a la rhétorique abondante, continue à opposer, en des phrases balancées avec art, le cœur et l'esprit, l'amour et la foi, l'attrait et l'exanien, l'onction et l'évidence, pour rendre les armes au sentiment. Mais, dans ce llux de paroles, on aura remarque la phrase cssenlielle. A dix ans d'intervalle, le P. Fidèle et l'abbé Boulogne trouvent presque la même formule; et ces formules, sans peut-être qu'ils s'en doutent, équivalent aux plus audacieuses de Jean-Jacques : « Les vérités de la religion, dit le P. Fidèle, sont, pour ainsi dire, les oracles do votre esprit ". ('^ En obéissant à ses oracles, nous n'obéissons rpi'à nous-mêmes », dit l'abbé Boulogne. C'est de quoi satisfaire le Vicaire Savoyard. « Que d'hommes entre Dieu (U moi »! disait-il, pour se dérober à la révélation chrétienne. On lui a donné satisfaction : prophètes, apôtres, témoins des miracles, tons leshommes vont disparaître; le disciple de Jean-Jacques pourra devenir chrétien. En le devenant, il n'écoutera que «■ les oracles de son esprit », >. il n'obéira qu'à lui-mênu' ». « La vérité de ma religion à

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