Sermon sur la conversion [450], I
o. Discours à la fête des bonnes gens [.385], 12, 14.
204 ROUSSEAU ET LA RESTAURATlOiN RELIGIEUSE.
lemples du Christ '< la religion, la nature et l'innocence réunies' »; pour l'abbé Laniourette, la mission du « législateur du christianisme » fut précisément de <( nous forcer, pour ainsi dire, de rentrer dans la simplicité de la sobre et innocente nature ^ ». Le P. Fidèle avait trouvé une formule encore plus brève : « la religion chrétienne, disait-il, est le règne de la belle nature * ».
Jésus devient ainsi comme le grand-maître de l'âge d'or, le roi de toutes ces bonnes âmes qui n'ont qu'à « consulter la nature et ses penchants » pour « faire le bien » et retrouver « la simplicité du premier âge ^ ». Est-il nécessaire de dire que, pour ces prédicateurs et fies théologiens, le principe de Rousseau sur « la bonté naturelle » de l'homme n'aura plus rien qui les scandalise? C'est le principe qui inspire confusément tous ces sermons sur le couronnement des « rosières » et la glorification des « bonnes gens », — littérature attendrie, qui pare de grâces touchantes l'agonie de la prédication française; c'est lui cjue proclame l'abbé Lamourette, cjuand il présente le christianisme à notre admiration, comme « un culte où Dieu est si grand et l'homme si bon ■' ». Môme un prêtre aussi prudent et aussi loyalement orthodoxe que l'abbé Gérard ne s'en effarouche pas. Quand il est à la campagne, « dans ces hameaux si éloignés de la contagion des villes », oîi « il retrouve le bonheur et la simplicité des premiers âges », où « la nature conserve son empire et ses droits », il se sent parmi des êtres « naturellement bons" ». Ce n'est plus dans ces auditoires si bons, si vertueux, si innocents, que Massillon pourrait rappeler le petit nombre des élus : « Ce dogme terrible, dit l'abbé Lamourette, n'est, pour