Étrennes religieuses
Ministres d'un Dieu de paix, leur «lit Hékel en 1801, faites la régner — Exhortez les citoyens à s'aiiner, à... tolérer ceux qui ne pensent, no croient ou n'agissent pas comme eux.... Laissez-là les foudres et les anathèmes, bons dans les temps de barbarie, et avec des hommes récemment sortis des forêts. Imitez votre divin modèle : soyez doux et humbles de cœur comme lui. Appelez auprès de vous tous ceux qui soulTrent, tous ceux qui ont besoin de secours ou de consolations. Rendez-leur la paix de l'âme et le repos de la conscience.... Expliquez le dogme, mais insistez sur les œuvres : la foi sans les œuvres est morte. Stimulez moins vivement la crainte que l'espoir: et, s'il est question de crainte, que ce soit de celle qui nait de l'amour, celle de déplaire à ce Dieu qu'il nous est si doux d'aimer avant tout.... Ne parlez de feux et de soufre qu'avec circonspection, et que ce soit aux méchants. Aplanissez, élargissez, sans vous écarter de l'esprit des préceptes, l'étroit sentier de la vertu. Que votre joug soit léger et votre fardeau agréable '.
Tous ces « ministres de bonté d ont lu l'Éinile et s'en souviennent -. Ce sont eux qui vont demain acheter le Génie du christianisme et appliciuer le Concordat.
Derrière ces apologies de la religion qui s'inspirent de Jean-Jacques, continue à circuler, faut-il le dire, cette même dialectique sentimentale dont nous avons vu le Vicaire Savoyard poser les principes : « Jamais, disent-ils, la vérité n'est nuisible aux hommes; je le crois comme eux, et c'est, à mon avis, une grande preuve que ce qu'ils enseignent n'est pas la vérité.... 11 ne s'agit point de savoir ce qui est, mais seulement ce qui est utile'' «.C'est, en effet, à ces principes que la discussion ramène; c'est à eux (ju'il faut finalement se rallier ou s'opposer. Présenlésen formules dune brièveté brutale, ils apparaissent comme un tel défi à la raison, que certains esprits hésitent devant eux. ou leur
1. Hékel, Coitseils turoilrexse Maxime aux ministres du culte et aux instituteurs de morale [505'"~], H, 118-149.
2. Cf. Annales philosophiques [TOC], II, 358-359: Élrennes relitjieuses, 1802 [70"-l, 217.
3. Profession de foi [47], 447-44'.); 111' livre d'Emile, II, VM.