Cf. Essai
plus aigre et plus belliqueuse que le texte adouci auquel il s"est finalement arrêté. Le système de Rousseau, comme tel, y est désavoué : ce ne sont que rêveries d'homme « soûl », sans conséquence '. Lui aussi, il n'a pas su voir la véi'ité où elle était. Ce dénonciateur des faux interprètes de la nature a, comme eux. " le mauvais Ion du sophiste- ». Dun mot rapide et dédaigneux, le nouveau Père de rÉgiise installe son ancien dieu parmi les simples « déclamateurs éloquents »; il admet que l'unanimité des honnêtes gens s'est faite sur « les honteuses turpitudes des Confessions^ » ; et il semble bien prendre à son compte le parallèle fameux de son ami La Harpe, qui renvoyait dos à dos Voltaire et Jean-Jacques avec des épithùtes également lourdes et flétrissantes^.
Mais, aux endroits mêmes où il latlaque, il cède à son i'. charme », et rend hommage à son a cœur ' »: il avoue que quelques-unes de ses maximes sont <( fortes »; et il n'hésite pas à faire appel à lui pour justifier la confession ou défendre le « fanatisme f' ». Malgré son instinctive méfiance de converti, il reconnaît que Rousseau était un demi-chrétien, qui .a su « montrer dans ses écrits la tendresse de la religion » : « il avait foi, écrit-il finement, en quelque chose qui uN-lait pas le (Jlirist, mais qui pourtant était VÉvangile' ->. Déjà même dans les quelques mois qui l>récédèrent l'apparition du Génie, quand le texte d'outremer reçut ses dernières retouches, certains articles de journaux, où sa pensée peut-être se livrait encore plus
i. Génie primitif [90], XXXI, 211.