Id., (Il, IV
ingénument, avaient trahi une sympathie phis forte que tontes les conversions. Il ne craignait pas alors, malgré la dévotion des cœurs sensibles au poète des Nuits, de lui préférer comme guide des Ames lecc promeneur solitaire » ou l'amant de Julie i. Avec un sens très juste des filiations spirituelles, il citait Necker parmi les interprètes français d<' « la tristesse religieuse», parmi ceux qui ont « répandu quelque tendresse sur les sentiments tirés de la religion », comme s'il reconnaissait en lui l'héritier malhabile, mais authentique, de Jean-Jacques, et qu'il entendait bien ne point faire fi de cet héritage -. Il y a, d'ailleurs, dans le Génie du christianisme, une page révélatrice de tout ce que Chateaubriand conservaità Rousseau de tendresse et d'admiration. C'est dans cette seconde partie où il expose la poétique du christianisme, c'est-à-dire toutes les richesses nouvelles que la |)sychologie chrétienne a introduites dans l'art. Il s'arrête devant la Nouvelle ïléloïse, pour entendre « la voix troublée qui sort du sanctuaire de paix, le cri d'amour que prolonge, en l'adoucissant, l'écho religieux des tabernacles »; il cite avec complaisance quelques-uns des mélodieux couplets où s'exhale l'âme de Julie mourante, et celui-ci d'abord, qu'on n'a pas oublié, sans doute, et qui aurait pu fournir sa devise à certaine piété romantique : (c le pays des chimères est en ce monde le seul digne d'être habité; et tel est le néant des choses humaines, que, hors l'Être existant par lui-même, il n'y a rien de beau que ce qui n'est pas » ; il redit les « langueurs secrètes » de cette Ame avide de b(îauté, que les « joies terrestres gonflaient » sans la rassasier; il adore avec elle le « Dieu clément », le (c Dieu de [)aix », le <( Père », dont« la bonté efface tous les autres attributs »; et, sans relever ce qu'il pourrait y avoir de médiocrement x)rthodoxé dans ce credo de Julie, il demande seulement à son lecteur s'il ne faudrait pas « être insensé pour repousser un culte qui