POUR LA SECONDE ÉDITION
A Toccasion de cette édition revue et co'rrigée, il n'est pas hors de propos de joindre ici quelques mots sur l'accueil fait en France à la première édition.
Un article signé X dans la Re^ue philosophique de la France et de Vétranger, n® de février 1876, analyse l'œuvre d*Ed. de Hartmann, rappelant les circonstances dans lesquelles elle a vu le jour, et exhortant les lecteurs de notre traduction à lire ou h relire en même temps les plaidoyers remarquables que la cause du protestantisme libéral a suscités en France. « Les idées justes et neuves y abondent, dit-il au sujet du volume annoncé, la pensée est toujours nette et décidée, l'expression vive et ingénieuse, môme dans sa crudité ; seulement les jugements sont trop pressés et trop concis, et les affirmations souvent plus fréquentes que les preuves. » \
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base ou au moins leur drapeau à tous, et la manière dont leurs divers points de vue sont pris à partie.
Mais il est un autre intérêt qui s'attache à ces pages, et nouff ne pouvons mieux en donner l'idée qu'en reproduisant les paroles que leur lecture a inspirées à un théologien français*.
€ Il se passe en Allemagne des choses fort graves, dit M. Maurice Vemes. Depuis que le coup de foudre de Sadowa a brusquement donné la puissance au représentant le plus autorisé des races germaniques, il s'est produit dans les esprits une fermentation extraordinaire. Après quelques années de lâtonnement, le nouvel empire semble enûn prendre une conscience plus claire du but qu'il prétend désormais poursuivre ; ce but, c'est l'anéantissement du catholicisme. Gardons-nous de vouloir rapetisser le conflit dans lequel le gouvernement prussien s'engage de plus en plus avec Tépiscopat ; ce n'est point une question de personnes, c'est une question de principes. Croit-on que des hommes aussi éminents que David Strauss ou Hartmann soient de simples flatteurs du prince de Bismark? Ne reconnaîtra-t-on pas plutôt que ce dernier est l'organe et l'instrument d'un mouvement d'idées qui gagne chaque jour en
impétuosité et en profondeur? Certes, c'est un spectacle étrange que de voir le pessimisme lever, lui aussi, sa bannière contre l'Eglise catholique et récla* mer son extermination; à ce litre, l'opuscule par lequel M. de Hartmann vient d'entrer dans la mêlée est l'un des symptômes les plus remarquables de la fièvre anti-papiste qui s'est emparée de l'Allemagne protestante.
o ... Nous avons un intérêt essentiel à connaître l'Allemagne et à nous rendre compte des grands courants qui la mènent. Si, sur les ruines du christianisme positif et du protestantisme libéral, l'auteur de la Vie de Jésus, esprit froid, sarcastique, vieux routier, auquel l'odeur de la poudre ne pourrait ôter le sang-froid, a dressé avec une sorte de ferveur mystique la statue de l'Etat prussien anticatholique; si le disciple de Schopenhauer, arrière- sectateur de j Bouddha, railleur impitoyable et mordant, vient apporter à la même cause les trésors d'une intelligence ardente et résolue ; si le vieillard et le jeune homme s'accordent dans une même pensée et dans une même volonté, ce n'est point l'efTet du hasard, c'est l'efTet d'une grande idée qui fait battre les coeurs de l'autre côté du Rhin, Or, croire est une grande force;
le mouvement qui agite l'Allemagne et qu'elle aspire à propager est sans doute le plus important que l'Europe ait vu depuis 1789 *. »
Les ripostes ont suivi de près l'attaque. Le prince-archevêque de Vienne, cardinal de Rauscber, dans un discours prononcé le 25 septembre 1874 à la clôture des exercices spirituels de son clergé \ dénonça le philosophe berlinois comme Tâme du parti de l'impiété •.
Le baron de Ketteler, évèque de Mayence, honora la publication d'une analyse en forme,dans son écrit < Der Gulturkampf gegen die catholische Kirche und die neuen Kirchengesetze f&r Hessen ^. » (La lutte de la culture contre l'Église catholique et les nouvelles lois ecclésiastiques dans la Hesse.)
L'éminent publiciste de la Suisse catholique, le doc* teur A.-Ph. de Segesser, dans sa brochure a Studien und Glossen vur Tagesgescbichte ^ > (Études ^
1. Article iDtitulé : « La religion de Tavenir, M. Edouard de Hartmann », dans la Revue politique et littéraire^ numéra du 20 mars 1875.