CFI. VII. — LA NATURE DES DIEUX
naît son jour où il ne sera plus » i, c'est-à-dire le jour de sa mort. On représentai! Ions les dieux. Râ, Ilorus, Phtah, Khnoumou, Atomou. nous forme de momies, ce qui suppose évidemment qu'ils étaient morts ou qu'on les regardait comme morts. Du reste, dans plusieurs localités de l'Egypte, on montrait leurs tombeaux 2.
Lesdieux n'étaient donc pas, à proprement parler, d'une autre espèce que les hommes. Ils s'en approchaient d'aussi près que possible el, s'ils l'emportaient sur eux par quelques privilèges qui liennenl plutôt à leur caractère mystérieux et aux cérémonies cultuelles, ils étaient exposés à toutes leurs misères et à toutes leurs infirmités; « qui disait les dieux disait donc, à tout prendre, des hommes plus affinés, plus forts, plus puissants, mieux préparés pour commander, pour jouir et pour souffrir que les hommes ordinaires, mais des hommes » :{. On ne pouvait demander davanla^e aux habitants de la vallée du Nil. Aucun métaphysicien ne vinl jamais les initier aux mystères de la nature divine. Ils se bercèrent toujours de conceptions grossières, et de représentations, dont la configuration de leur pays leur fournissait le cadre. Les théologiens euxmêmes, s'ils réussirent à encadrer les dieux, el à mettre un peu d'ordre dans la plèbe divine par la théorie des triades cl des Ennéades, ne surent pas
1. Livre des nwris, chap. vin, ôdit. Naville, pi. \. Ug. 5-7,