Livre des morts, ibid.t pi. wiii, chap. kvii, 11g. I
jambes et les bras de la déesse, qui retombaient ainsi sur le sol, étaient les quatre piliers du firmament. Gomme ces piliers étaient sacrés, on députa des divinités pour veiller à leur conservation : Osiris ou Horus fut attaché au pilier du Sud, Sît à celui du Nord ; Thot protégeait celui de l'Ouest et Sapdi celui de l'Est*. Ces quatre dieux ne se contentèrent pas de ce rôle de gardiens. Leur ambition fut plus exigeante. Ils se partagèrent le monde en quatre régions ou « maisons », dont les quatre piliers formaient les limites 2. Chacun d'eux était maître absolu dans sa maison. Sibou avait essayé de résister aux violences de Shou. Il fit des efforts pour ne pas succomber ; mais tout fut inutile. Shou le frappa d'immobilité ; et il resta à jamais dans la position violente, où il se trouvait au moment de son échec 3. Les divers accidents de notre terre ne sont qu'un effet de l'attitude agitée, où Shou le fixa pour toujours. Ses flancs se couvrirent dès lors de verdure et les générations se sont succédé sur son dos, sans lui apporter le moindre soulagement.
Dans certaines représentations, les plantes poussent sur son corps K Les textes emploient assez fré-
1. Rappelons-nous que Sapdi est l'auteur de la lumière zodiacale.
2. Maspero, La pyramide du roi Papi II, dans le Recueil de travaux, t. XII, p. 78-79.
3. Lanzone, Dizionario di Mitologia, pi. clv-clvui, donne un grand nombre de représentations de cette scène. On peut voir dans Maspero, Histoire, t. I, p. 129, la représentation la plus usuelle et la plus fréquente, celle que nous venons de décrire.