IL LES COSMOGONIES DU DELTA
Les cosmogonies du Delta sont assurément les plus complètes et les plus profondes, parce qu'elles remontent à l'origine de toutes choses. Ces cosmogonies se réduisent cependant à une simple organisation d'éléments préexistants. L'Egypte ne s'éleva jamais à l'idée de création proprement dite, c'està-dire à l'idée de création du néant. La philosophie raffinée elle-même est impuissante à concevoir le néant. A plus forte raison l'imagination populaire. Les peuples de l'antiquité, qui n'ont pas été favorisés d'une révélation divine, n'ont jamais eu et ne pouvaient pas avoir l'idée du néant, comme condi-
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lion préalable de l'existence des choses. Ils placèrent toujours à l'origine des choses des éléments informes, et la création ne fut pour eux qu'un simple arrangement, qu'une simple disposition.
Ce qu'il y a de particulier dans ces cosmogonie s c'est que, au rebours des nôtres, le ciel y est un Être femelle, Xouît, et la terre un être mule, Sibou. Au début, le ciel et la terre étaient plongés dans l'eau Xo/i. Ils étaient étroitemenl unis cuire eux, connue, un couple d'amants, le dieu Sibou, la terre, sous la déesse Nouîl, le ciel l. Le jour de la création, Shou sortit des eaux, Non, se glissa entre les deux divinités, saisit Notiît, et l'éleva au-dessus de sa tête et de ses bras. C'est pourquoi Shou est « maître <lu ciel, dieu grand » K Cette opération porte dans les textes la dénomination de : « soulèvement de Shou » :l. Elle s'était accomplie tout d'abord à Hermopolis Magna. La légende avait même embelli la scène : pour arriver à la hauteur nécessaire, Shou B'étail servi d'une échelle ou d'un tertre situé à Hermopolis même 4. Le buste de Nouit, ainsi soulevé, s'était allongé dans l'espace et étail devenu le ciel étoile ; ses pieds et ses mains retombaient sur notre sol, en deçà et au delà de Sibou, de sorte que ce dernier se trouve placé comme sous une voûte. 1 »es
1. Cette théorie de la création esl évidemment un mythe phallique. Il est difficile d'expliquer pourquoi l'ordre esl renveraéi el pourquoi l'élémenl mal»' esl sous l'élément femelle.
'.?. Lanzone, Dizionario di Milotogiay pi. lu, i.