‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 146 sur 220 · Sou nom peu! se rapprocher de deux radicaux · texte numérisé non relu

Sou nom peu! se rapprocher de deux radicaux

une Qégation ; on p<Mii j voir Vina

soleil ordinaire le nom : khopri, « celui qui est ». Toumou était un homme revêtu des insignes royaux. A cause de l'homophonie de son nom avec khopirrou, « scarabée », Khopri reçut la figure d'un scarabée, enfermé dans le disque solaire, ou même d'un homme portant le scarabée sur la tête, ou d'une momie à tête de scarabée. Les nuances allèrent toujours s'affaiblissant. Les noms s'unirent ensemble, les symboles s'échangèrent et l'on eut des accouplements et des combinaisons bizarres de divinités, dont il est difficile de saisir la portée, de comprendre le vrai sens : Râ-Toumou, Atoumou- Râ, Râ-Toumou-Khopri, Râ-Harmakhouîti-Toumou, Toum-Harmakhouîti-Khopri. Il faut pourtant ajouter que ces combinaisons ne représentent pas des divinités distinctes et nettement caractérisées. Ce sont plutôt des doublets d'une seule et même divinité, du dieu féodal. Elles indiquaient les diverses fonctions ou les divers attributs du même dieu. En y regardant de près, on s'aperçoit que livrai,

Thèbes, Amoun signifiant mystère). Atoum est en effet désigné comme « existant seul dans l'abîme » avant l'apparition de la lumière. (Cf. E. de Rougé, Étude sur le Rituel funéraire, p. 76). On a songé à d'autres combinaisons étymologiques. Comme Atoum, plongé dans le Nou, fait le premier acte de la création, on peut rapprocher son nom du copte tamio « créer ». Atoum est aussi le prototype de l'homme (en copte tme, « homme »). Après sa résurrection, il devient un toum parfait. Pour Brugsch, Religion und Mythologie, p. 231-232, Toumou signifie le « Parfait », le « Complet ». — « Les rapprochements philologiques de M. de Rougé ne sont plus admissibles ; mais l'explication qu'il donne du nom répond si bien au rôle du personnage que je ne vois pas le moyen de la récuser ».(Maspero, Histoire, t. Ir p. 138, n.5).

Cil. VIII. — LES COSMOGONIES 2 IT>

créateur est, pour les théologiens d'Héliopolig. JTojiiiiûu. Sans doute I » ; i , ense.vjili dans [es eaux ténébreuses du Non, avait posé je premier acte créateur ; mais ceyacïe était tellement confus, tellement impartait qu'on a de la peine à en entrevoir l'efficacité. Touniou, au contraire, avai] été le démiurge puissant et organisateur. 11 est au sommet de la cosmogonie héliopolilaine. Et comment s'y prit-il pour créer et organiser le monde ? On donnait plusieurs explications. La plus ordinaire recourait à un commandement. Toumou cria sur les eaux : « Viens à moi ». De là vient que les Égyptiens donnaient au premier jour du monde le nom de : « Jour de Viens-à-moi » '. A ce commandement, le lotus avait ouvert ses pétales, el Râ s'était épanoui tout rayonnant, sous la figure d'un disque solaire, d'un petit enfant ou d'un épervier couronné d'un disque. Mais celte explication ne réunissait pas l'unanimité *\o>> suffrages. A l'origine, c'était Râ, qui avait séparé Nouît et Sibou. On jugea plus tard que ce rôle est indigne dé lui, el l'on charg< a Shou de le remplacer dans cette besogne. Mais on broda une variante pour raccorder les doctrines de Mendès et celles de Sébennytos. Sibou, d< de

Nouît, apparu! au soleil ; les deux couples : I >siria et Sît,Isis et Nepnthys, deux mâles et deux femell naquirent à l'instant même et, en sortant du sein de leur mère, ils tombèrent sur le corps de Sibou, leur

I. Remarquons que, d'après l«' Livre dei morts, chap. v i, Osiris remplace foumou dans l<* rôle de créateur.

père, qui représente la terre, se la partagèrent et chacun d'eux y établit son royaume ou « sa maison ». Si Ton veut maintenant analyser cette conception cosmogonique, on y distinguera sans peine trois scènes ou trois moments. Tout d'abord le soleil se dédouble en deux : Râ et Toumou, le premier étant le soleil perdu dans le chaos, et le second le soleil qui nous éclaire chaque jour, le soleil de notre terre. En second lieu, on sépare Nouît et Sibou et l'on forme ainsi le ciel et la terre *. Enfin la disposition de la terre et la naissance du Nil couronnent l'édifice. Toutes ces scènes avaient été réalisées par des divinités distinctes. Les Héliopolitains étaient ainsi arrivés à la spécialisation des attributs et des fonctions. Un autre facteur distingue aussi la cosmogonie héliopolitaine : c'est l'idée d'évolution, de devenir : les quatre dieux, qui sous la direction de Râ-Atomou, prennent part à la création du monde : Shou et Sibou, Osiris et Sît, ne sont pas contemporains, mais apparaissent successivement et sortent même l'un de l'autre par voie de naissance. Ils ne remplissent pas le rôle de piliers du monde, mais chacun d'eux a des fonctions particulières et variées. Enfin ils s'unissent à des déesses et forment des Ennéades, dont les membres prennent une part plus ou moins active à l'organisation du monde. La théorie héliopolitaine accjus£iine élaboration plus systématique et plus calculée, dont

1. Voir, Gen., I, 7, la séparation des eaux d'en haut et des eaux d'en bas.

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