THOT ET LA Ml' Dl CINE
Thot avait aussi enseigné aux hommes la médecine et Ta chirurgie. Lui-nièine avait pratiqué
deux arls1. Avanl d'étudier le rôle deThol c< ne
médecin el chirurgien, il esl utile de connaître les idées des Égyptiens sur les causes des maladies
L'étiologie pathologique a toujours été difficile •i fixer. Les habitants de la vallée du Nil avaient sur
l. Voir les témoignages dans Pu i-< umann, Hen
I». 20 et suiv., 43 el suiv., ;>7.
ce point une théorie bien arrêtée. Toutes les maladies provenaient d'un esprit, qui s'était introduit dans le corps du patient, ou qu'on y avait introduit par quelque maléfice. La santé est pour nous une lutte entre l'organisme et le milieu. La maladie était pour les Egyptiens une lutte entre le possécRf et le possesseur. Le climat de l'Egypte est naturellement très sain. Les Egyptiens en avaient une conscience sans doute exagérée; aussi se vantaientils d'être «les mieux portants de tous les mortels ». Cette persuasion ne les empêchait cependant pas de donner à leur corps les soins les plus minutieux. « Chaque mois, trois jours de suite, ils provoquaient des évacuations au moyen de vomitifs et de clystères »*. Ils avaient des procédés assez parfaits dans Fart médical. Ils étaient même arrivés à spécialiser les offices et les fonctions. Les médecins étaient en effet de véritables spécialistes. Chacun ne s'occupait que d'une classe de maladies : maladies d'yeux, de tête, de dents, de ventre, maladies internes2. Les textes ne connaissent que trois classes d'individus exerçant la médecine : le médecin proprement dit, qui sortait presque toujours des cercles sacerdotaux; le rebouteur, qui prétendait guérir les fractures par l'intercession de la déesse Sokhît, et l'exorciste, qui avait recours aux amulettes et à la
1. Hérodote, II, lxxvii. Cf. Chabas, Mélanges ég yplologiqu.es, lre sér. p. 65 et suiv.
2. Hérodote, II, lxxxiv. Cf. Wiedemann, Herodols zwelles Bucht p. 382 et suiv., 344-345.
Cil. IX. — LES DIEUX DANS i.ï.bn \ï m\ 283
magie1. Les maladies d'yeux cl les maladies de rentre étaient, comme dans tous les pays chaudsj les plus répandues. On avail <mi horreur les opérations chirurgicales, parce que celui qui s'attaqua il au corps humain, s'attaquait à la chair même d'( >siris. L'individu, qui pratiquait sur les cadavres les opérations nécessaires à l'embaumement, étail l'objet de l'animosité publique2.
La théorie des esprits vitaux, que la philosophie a essayé plus tard de remettre à la mode, avail leurs préférences. Pour eux, la vie étail un souffle lé qui circule à travers les veines. L'oreille droite a deux vaisseaux « par lesquels entrenl les souffles de la vie, etl'oreille gauche a égalemenl deux vaisseaux par lesquels entrenl les souffles de la morl Les souffles de l'oreille droitesonU les bons souffles, les souffles du Nord »*. Les représentations sonl formelles sur ce point. On voil des morts tenirà la main une voile gonflée qui symbolise l'air, el la porter vers les narines pour y introduire de nouveau le souffle de vie5. L<i cœur, //'////, <;l;iif le centre de tous ces vaisseaux. A l'heure de la mort, les esprits vitaux abandonnaienl le corps avec l'âme, el le sang
1. Papyrus Ebers, pi. xcix, lig. 2-3. Cf. Maspi ro, \ le jour , dans 1rs Proceedings, t. un, p. 501