Platon, Phèdre, lix
Cil. IX. — IJ-:s DIEUX DANS l.ï.hi .. \ i i<>\ 285
rallacher à Thot l'invention de l'écriture se mani-
feistirsous une autre forme : on CTSyâîl que certains écrits venaient de lui, et enraient été donnés aux hommes comme un bienfait. Le chapitre soixantequatrième du Livre des morts t qui n'esl qu'un petit écrit mystique inséré plus laid dans le Recueil, mais qui est d'une importance considérable pour la vie future de l'homme, avait une origine divine. On l'avait trouvé, un jour, dans le temple d'Hermopolis au pied de la statue de Thot, tracé en caractères bleus sur une plaque d'albâtre. L'événemenl avail eu lieu pour les uns sous le roi rlousaphatli de la 1'° dynastie, pour les autres sous le pieux roi Mykérinos. Le prince Hardi fou, qui étail en voyage, l'avait aperçu et s'était empressé de l'apporter au roi l. 11 en est de môme d'un livre de médecine qui traite des maladies des femmes. I !e livre s'étail toul à coup révélé à Coptos, dans le temple d'Isis, au prêtre qui veillait la nuit dans le sainl des saints: « quoique la terre fût plongée dans les ténèbres, la lune brilla sur lui et l'enveloppa de lumière. < In l'envoya comme grande merveille à la sainteté du roi Khéops, le juste de voix • -'. Toul ce que l'hu-
1. Guieysse, Rituel funéraire égyptien, chapitre <>i', p. 10-12 59. Le musée de l'Ermitage à Sainl Pétersbourg possède une tablette <l<% pierre dure : la plinthe Péroff$kyx qui esl probable' ment un fac-similé de l'original découvert sui pieds de n. Hermopolis. Cf. Golénis< m i p, Ermitage Impérial, Inventait
lu Collée t. égypt. n* 1101, p. 169-170.
2. Bibch, Médical Papyrut with the nome of I dans la Zeitechrift, 1871, p. 61-64.
manité a de bon, de grand et dléleyé. venait des dieux, était un don divin : « C'est ainsi que la tradition se plut à prêter aux dieux, et parmi eux, à Thot deux fois plus grand, l'invention de toutes les sciences et de tous les arts qui faisaient la gloire et la prospérité de l'Egypte » *. Un peuple qui vivait, pour ainsi dire, en un contact permanent avec les divinités, ne pouvait évidemment qu'avoir reçu d'elles tous les moyens, tous les facteurs de la civilisation. Ort-ne concevait pas encore que l'homme pût s'élever à des inventions si importantes, et, pour s'épargner la peine et les ennuis d'en chercher les origines, on les attribuait aux dieux.