‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 177 sur 220 · Mariette, Abydos, t. 1, pi. elviii · texte numérisé non relu

Mariette, Abydos, t. 1, pi. elviii

marqué, est puni de mort. C'est là le rite par lequel on examine la victime1 ». Les formules liturgiques complétaient ce Rituel, et elles étaient aussi bien minutieuses. Elles comprenaient un nombre de mots et d'alternances qu'il n'était au pouvoir de personne de modifier. On les récitait avec une uniformité désespérante. On était très exigeant à l'endroit de l'éducation ; l'omission d'un mot, une note fausse, une simple hésitation dans l'intonation ou la récitation, une marque de correction dans l'accomplissement d'un seul rite : c'était assez pour rendre le sacrifice nul 2.

Le culte réglé avec tant de minuties établissait une sorte de contrat entre le dieu et ses fidèles. L'homme faisait des offrandes, dont la valeur était déterminée et le dieu s'engageait à accorder la faveur demandée. Obligation pour obligation. Si l'homme accomplissait ses promesses et ses engagements, le dieu exauçait ses demandes. Le requérant rappelle parfois au dieu ses engagements. Dans le poème de Pentaouîrît, le roi Ramsès II interpelle ainsi le dieu Amon : « Ne t'ai-je pas fait des offrandes très nombreuses ? J'ai rempli ton temple de mes prisonniers, je t'ai bâti un château pour des millions d'années. . . Ah ! s'il y a un sort malheureux pour qui t'insulte, tes desseins sont heureux pour qui t'es-

1. II, xxxvm. Cf. WiiniiMANN, FlerodoVs zweites Buch, p. 180 et Buiv.

2. Maspep.o, Études de Mythologie, t. II, p. 302-303, 373 et suiv.

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lime, Amon »*. Si de son côté !<■ requérant omettait la moindre formalité, son offrande rentrai I dans !<•> biens du temple, mais le dieu n'étail tenu .1 rien. ( >n voit ainsi quelle attention (Huit nécessaire an célébrant pour ne pas empêcher les effets du sacrifice, el tromperies espérances de ceux qui y étaienl intéressés.

La caste sacerdolale coiuposait une véritabje hiérarchie. Nous avons dit que, dans les premiers temps, le prince concentrait dans ses mains les fonctions sacerdotales. Mais cecmnul étail nuisible au bon fonctionnement de la charge. Préoccupé p;ir les soucis matériels du gouvernement, le roi se trouvait surmené, cl il lui étail dès lors bien difficile de remplir les rites sacrés a\ ec tonte la per- ""fëction désirable. <)n sentit donc le besoin de lui donner des coadjuteurs, et on plaça à ses côtés des prêtres par vocation, des prêl res de carrière qui consacraient leur vie entière à apprendre el à obsen er ponctuellement les rites religieux. Chaque temple eut ainsi son clergé, chargé de le desservir. I Oui comme les temples auxquelsils étaienl attachés, les divers sacerdoces étaienl indépendants les uns des autres. Ils constituaient une hiérarchie régulière à plusieurs degrés8. Au sommel de la hiérarchie se

1. E. el .1. de Rocgé, /.'• poème </• Pentaoor, daai la H égyptologique, I. V, p. 15 el suiv.

2. Celle hiérarchie a été étudiée par k. Bah i i r, De el de la durée des fonction» <iu grand prêtre et Ammon extraitde la Reoue ùrchéoiogigue,Z Bér.l VI, 18ft2; par R iwiacH, Ursprung und EnlwickelungegeechicMe ski aegypli*

trouvait un grand prêtre, une sorte de pontife suprême. Dans plusieurs villes, il s'intitulait « premier prophète », « premier hiérodule », hon-noutir topi, du dieu dont il desservait le temple : premier hiérodule d'Amon à Thèbes, premier hiérodule d'Anhouri à Thinis. Ce titre était un peu trop vague. Le grand prêtre portait, le plus souvent, un titre adapté à la nature et au caractère du dieu dont il était le ministre1. Le grand prêtre de ftâ à Héliopolis, et dans toutes les autres localités qui adoptèrent son culte, s'appelait le « maître des visions », Oîrou maou, parce qu'il pouvait seul, à côté du roi, pénétrer dans le sanctuaire et y contempler, pour ainsi parler, le dieu face à face2. A Sébennytos, le grand prêtre d'Anhouri prenait le titre de « combattant sage et pur», ahouîti saou ouîbou, parce que son maître était un dieu guerrier, armé de la pique. A côté du grand prêtre et des prêtres subalternes, il y avait, autour de chaque temple, des prêtresses; elles formaient une espèce de cour ou de cortège, dont le but principal était de donner plus d'éclat aux fêtes du dieu. On connaît les noms des principales prêtresses3. L'existence des prêtresses ou

îums, Vienne, 1878; et surtout par Brugsch, Die Aegyptologie Y p. 275-291.

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