‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 190 sur 220 · I. MaSPERO, Ihtlnirr, |. |, p · texte numérisé non relu

I. MaSPERO, Ihtlnirr, |. |, p

nissaient les viandes, les légumes, les fruits, les liqueurs, le linge, les ustensiles du sacrifice. En principe ces liturgies se perpétuaient d'année en année jusqu'à la consommation des siècles ; en réalité, on délaissait la plupart des morts d'autrefois au profit des morts plus récents, après trois ou quatre générations. Le donateur avait beau multiplier les imprécations et les menaces contre les prêtres qui négligeraient leur office ou contre les usurpateurs du bien funéraire, le moment arrivait tôt ou tard où le double, abandonné de tous, risquait de s'éteindre faute d'aliments. Pour obtenir que l'offrande promise et déposée matériellement le jour des funérailles persistât à travers les âges, on imagina non seulement de la retracer sur la chapelle, mais d'y joindre l'image des domaines qui la produisaient et des manœuvres qui concouraient à la préparer. D'un côté, c'est le labourage, le semage, la récolte, la rentrée des blés,l'emmagasinement des ouvriers de toute sorte exécutant chacun les travaux de son métier : des cordonniers jouent de l'alêne, des verriers soufflent dans leur canne, des fondeurs surveillent leur creuset ; des charpentiers abattent des arbres et construisent une barque ; des femmes tissent ou filent en bande sous l'œil d'un contremaître renfrogné, qui paraît peu enclin à souffrir longtemps leur babil. Le double avait-il faim de viande ? Il choisissait sur la muraille la bête qui lui plaisait, chèvre, bœuf ou gazelle, la suivait du moment de sa naissance au pâturage, à la

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boucherie, à la cuisine et se rassasiait des morceaux. Il se voyait allant a la chasse en peinture, et il allait à la chasse ; mangeant et buvant avec sa femme, et il mangeait et buvait avec sa Femme ; le labourage, la moisson, la grangée des parois, se faisaient pour lui labourage, moisson et grangée réels. Après tout, ce monde d'hommes et de choses plaquées sur le mur s'animait de la même existence que le double dont il dépendait : la peinture d'un repas ou d'un esclave était bien ce qui convenait à l'ombre d'un convive et d'un maître » l.

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