‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 192 sur 220 · Maspero, Histoire, t. I, p · texte numérisé non relu

Maspero, Histoire, t. I, p

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ceux qui la visitaient, et éprouvait delà satisfaction à recevoir leurs hommages.

Ce monde cependant était obscur et ténébreux1, et lorsqu'elle se prenait à se rappeler le monde lumineux de la vie terrestre, elle en exprimait des regrets que les textes ont eu soin de consigner. Elle s'adresse aux confidents qu'elïe a laissés dans ce monde : v 0 mon frère ne t'arrête point de boire, de manger, de t'enivrer, d'aimer, de te donner du bon temps, de suivre ton désir nuit et jour ; ne mets pas le chagrin en ton cœur ; qu'est-ce en effet des années que Ton passe sur terre ? L'Occident 2 est une terre de sommeil et de ténèbres lourdes, une place où les habitants, une fois établis, dorment en leurs formes de momies, sans plus s'éveiller pour voir leurs frères, sans jamais plus apercevoir leur père et leur mère, le cœur oublieux de leurs femmes et de leurs enfants. L'eau vive, que la terre donne à quiconque vit sur elle, n'est plus ici pour moi qu'une eau croupie et morte ; elle vient vers quiconque est sur terre, mais elle n'est plus pour moi que pourriture liquide, l'eau qui est avec moi. Je ne sais plus où j'en suis depuis que je suis arrivé dans cette vallée funèbre. Qu'on me donne à boire de l'eau qui court, qu'on me mette la face au vent du Nord, sur les bords de l'eau, afin que la brise me caresse, et que mon cœur en soit rafraichi de son chagrin » 3.

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