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CHAPITRE XIV La piété

La piété des Égyptiens était proverbiale. Elle se manifestait sous toutes les formes : par la prière et le^sacrîfiee, et clans tous les organismes: dans l'individu, la famille et la société. Tous les actes de la vie étaient comme imprégnés de religion et de piété. Les manifestations de cette piété étaient nombreuses. Elles revêtaient à peu près toutes les formes qu'elles revotent aujourd'hui, parce que, quoi qu'on dise, le cœur humain éprouve toujours les mêmes besoins et est dominé par les mêmes aspirations. L'égyptien laissait déborder sa piété, toutes les fois qu'il en avait l'occasion ou que le Rituel le lui imposait. Nous avons pu déjà entrevoir, par les pages précédentes, retendu»' <M les caractères de celte piété. Il nous reste à <mi condenser le fonctionnemenl el à nous demander s'il ae sérail pas possible dm découvrir les lois mythologiques.

Les historiens s'accordent à reconnaître l'exubérance et la spontanéité de la piété égyptienne. On l'explique par des motifs divers, sur lesquels on reviendra plus loin ; mais le fait lui-même est universellement admis. « Le monde d'en haut était limage fidèle du nôtre ; il avait ses empires et sa féodalité dont la distribution répondait à celle des empires et de la féodalité terrestres. Les dieux qui Thabitaient vivaient de ce que les mortels voulaient bien leur allouer, et les ressources de chacun d'eux, par suite sa force, dépendaient de la richesse et du nombre de ses adorateurs ; rien n'arrivait chez les uns qui n'eût son contre-coup immédiat chez les autres. Les dieux disposaient de la joie, de la santé, de la vigueur ; qui les payait largement d'offrandes et de fondations pieuses, ils lui confiaient leurs propres armes et lui inspiraient la force qu'il fallait pour battre l'ennemi. Ils descendaient eux-mêmes dans la mêlée, et tout choc d'armées se compliquait d'une lutte invisible entre les immortels. Le parti qui l'emportait, ses dieux triomphaient avec lui et recevaient la dîme du butin pour prix de leur aide ; les dieux des vaincus s'affaiblissaient d'autant, leurs prêtres et leurs statues tombaient en esclavage et la destruction de leur peuple entraînait leur propre destruction. Chacun dans l'Egypte, de Pharaon au dernier de- ses vassaux, avait donc un intérêt pressant à entretenir la bienveillance des dieux et leur pouvoir, de sorte que leur protection pût s'exercer efficacement à l'heure

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