I. LA VIE PRIMITIVE
Aussi loin qu'on remonte dans l'histoire, on constate que les Egyptiens se ramènent aux peuples «pie nous appelons aujourd'hui « sauvages», ou ((peuples à l'état de nature », Naturvolker des Allemands. (Test d'ailleurs la loi commune de l'humanité. « Il faut donc avouer que les premiers Egyptiens étaient des demi-sauvages, analogues à ceux qui vivent en Afrique ou en Amérique, organisés comme eux, outillés comme eux. Un petit nombre demeurèrent au désert, dans les oasis de la Libye à l'est, ou dans
les vallées profondes de la Terre Rouge — Doshirît, To-Doshirou — entre le Nil et la Mer : la pauvreté du pays les maintint toujours dans leur grossièreté oative. Les autres, descendus sur la Terre-Noire, s'y polieèrent progressivement » *. On ne sait pas grand'chose des générations primitives de l'Egypte, parce qu'il nous reste peu de documents de leur activité. On a sans doute découvert, en différents lieux, des armes et des outils taillés en silex, qui sont toujours l'indice d'un état social, mais on n'est pas sur qu'ils proviennent de ces générations lointaines. On dirait cependant que les Egyptiens ont marché moins vite que les autres peuples dans la voie de la civilisation. Ils emploient encore la pierre à une époque, où les autres peuples employaient les métaux. À l'époque des Pharaons, où la civilisation était arrivée à un niveau très élevé, et même sous les Komains, ils fahriquaient des pointes de flèches, des grattoirs et des couteaux en pierre 2. 11 est vrai que cet usage n'a pas complètement disparu, même aujourd'hui. On est porté à croire que ces objets son I moins anciens que les monuments hiéroglyphiques, quoiqu'il soit bien difficile de le décider. Leurs maisons étaient d'une extrême simplicité. C'étaient des cahutes basses, le plus souvent en briques séchées au soleil. Elles n'avaient qu'une pièce : une chambre oblongue et quelquefois carrée,