M\-i'i:i:o, Histoire, t. I, p
2. Cf. S. Reinach, Description ruisonnée du Musée de Sainî- Germain, t. I, n. 87 88.
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et qu'une ouverture : la porte. C'étail la maison du pauvre. Celle du riche était un peu plus confortable et spacieuse. Elle ressemblai I à un kiosque étayé d'un tronc d'arbre fourchu. Le mobilier en était aussi très simple : des vases en terre cuite, des nattesde jonc ou de paille tressée, deux pierres plates à broyer le grain pour faire du pain, quelques objets en bois, lois qu'escabeaux, chevets à appuyer la tête pendant la nuit.
Les vêtements étaient tout à l'ail rudimentaires. Les hommes étaient à peu près nus. Il y avail aussi une exception pour les riches, qui avaienl pour ornement une peau de panthère, tan tôl serrée autour des reins et tombant sur le bas-ventre, tantôtjetée sur les épaules. Ceux, qui avaient le privilège de revêtir la peau de panthère, portaienl sous l'ancien empire le titre de Oîrou-bousii^ « grands de la fourrure ». Il semble bien que, du moins dans la classe inférieure, on s'enduisait le corps d'huile ou de graisse et on se tatouait. Le fard était à la mode : couleur noire, couleur verte, ocre el carmin s étalaient sur le visage. Une chevelure abondante el bien soignée étail l'ornement de la femme aussi bien que de l'homme. Lorsqu'on n'en avail pas reçu de la nature, on y suppléail par une perruque préparée avec beaucoup d'art. Lesguerriers portaienl sur la tête des plumes d'au! ru (die. Une grosse tresse, placée derrière l'oreille droite, étail la marquedistinctivede chefs militaires ou religieux. Le vêtemenl en cuir n'eut cependant qu'un temps. Dès qu'on se
fui avisé de pratiquer Fart de tisser, on le remplaça parle pagne en toile blanche et la ceinture. Attaché à la taille, le pagne tombait jusqu'au genou. A partir de ce moment, la peau et la queue d'animal ne sont plus cprune marque d'autorité, dont se paraient les princes et les prêtres, aux jours de fête et de cérémonies religieuses. Cette peau se posait quelquelois sur les épaules, où elle flottait avec une certaine négligence ; parfois, au contraire, elle s'ajustait exactement au corps. La tête de la bête descendait le plus souvent sur le ventre, où elle formait un ornement et probablement un symbole. Les mouchetures, taillées sur cette peau, avaient la forme d'étoiles à cinq branches, de sorte que la poitrine ressemblait à un firmament constellé. Au moment de sortir, on se couvrait d'un grand manteau, semblable à celui que portent, encore aujourd'hui, les Abyssinset les Nubiens. Cemanteau servait à abriter tout à la fois contre la pluie et les rayons du soleil. Dès qu'on n'en avait plus besoin, on le pliait, on le roulait et on le passait en bandoulière autour du buste, comme font les cavaliers dans nos armées. Le vêtement des femmes fut à l'origine à peu près le même que celui des hommes: elles se contentaient, elles aussi, du pagne. Mais ce pagne se modifia, prit des dimensions plus grandes et finit par devenir une espèce de fourreau suspendu aux épaules par deux bretelles. On avait pour chaussures des sandales de différentes matières : en cuir, en paille tressée, en joncs découpés. Tous les Egyptiens,
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hommes et femmes, avaient In passion des bijoux : ils s'en chargeaient le cou, la poitrine, !<• poignet, le haut des bras et même la cheville ; le plus sou vent c'étaient des coquillages percés el enfilés en colliers. Dans la suite, on y substitua <!•'> pierres précieuses et des perles démail.
Pénétrons maintenant dans la famille. KM** nous fournira peut-être quelques indices révélateurs. A Thèbes, parmi les pi us nobles familles, on choisissait, et cela même au temps des Césars, 1;» plus belle fille pour la consacrer dans le templed'Amon. A la >uil<de cette consécration, elle pouvait se livrer à la prostitution avec honneur et avantages1. 11 est 1res difficile de donner une juste interprétation de cel l<v pratique. On ne peut que proposer des hypothèses mais ces hypothèses ont leur raison d'être parce qu'elles s'enchaînent assez bien avec d'autres faits constatés par ailleurs. On est donc enclin à voir dans cette pratique une coutume qui, à force de dégénérer, finit par prendre une couleur religieuse. On pense que c'est une survivance de cel âge primitif, où le mariage n'existai! pus encoreel où toutes les femmes d'une même tribu étaient tenues de se livrera tous les hommes. Pour légil imer <'<vs licences on les abrita à la longue sous un rite religieux : el on consacra la jeune fille au lihexlinage. Peul être aussi que le privilège d'être consacrée au <\\<'i\ lui donnait une liberté, que n'avaienl pas les autres
l. Strabon, xvii, 46; Diodore se borne à mentionner, i, klvii, les « Pallacides d'Amon ».
femmes, et supprimait l'interdiction, par laquelle la jeune fille ne pouvait pas disposer d'elle -même. Dans ce cas, cette consécration était une sorte d'émancipation. C'est encore une supposition qui peut avoir sa valeur dans Tétat d'incertitude où nous sommes. Comme cette pratique est cependant très ancienne, on pourrait peut-être y voir un indice d'exogamie, en vertu de laquelle la femme ne pouvait pas se marier avec un homme de sa tribu, ou une pratique du rite sacrificiel, par lequel une tribu se rachetait en donnant une partie d'elle-même. On aurait donc livré la femme au dieu pour racheter le reste de la population.
Le mariage avait assez de latitudes. L'union du père et de la fille n'était probablement pas défendue. Quant à celle du frère et de la sœur, on la trouvait naturelle et légitime1. La chose est tellement vraie que les chants populaires donnent parfois aux mots « frère » et « sœur » une signification, où se manifeste l'amour 2. La théorie matriarcale paraît avoir été en vigueur : la mère était le centre de la famille. Voilà pourquoi elle réglait les liens de parenté. Les enfants déterminaient leur filiation par le nom de leur mère, et sans mentionner nullement leur père :;. L'homme pouvait prendre plusieurs femmes,