‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 60 sur 220 · I. — LE FÉTICHISME · texte numérisé non relu

I. — LE FÉTICHISME

Le fétichisme, qui est la forme la plus Imparfaite de la religion, apparaît tout particulîèremenl dans le culte des pierres sacrées. Les Égyptiens adoraienl les pierres sacrées. « Cette religion d'État, si complexe dans ses manifestations el dans son principe, ne suffi sa il pas cependant à la piété exubérante de la population. On rencontrai! dans tous les nomes des divinités dépourvues de caractère officiel, et qui n'en étaient pas moins aimées pour cela.

C'était, en plein désert, un palmier très hauj^ un rocher de silhouette extraordinaire, une source, qui filtrait de la montagne goutte à goutte et où les chasseurs venaient se désaltérer aux heures les plus chaudes du jour » *.

Les pierres qu'on rencontre par-ci par-là en Egypte, et qui ont une forme particulière, une forme frappante, ne permettent d'avoir aucun doute sur leur destination primitive. On leur rendait un culte, parce qu'on les regardait comme le siège de la divinité, parce qu'on les croyait vivantes. Observons pourtant que le fétichisme, terme vague et imprécis et par conséquent élastique, ne s'arrêtait pas aux pierres. A dire vrai, tout était fétiche pour les anciens Egyptiens. « Chaque nome montrait avec fierté, à côté de ses dieux humains et de ses statues prophétiques, un ou plusieurs animaux sacrés, un ou plusieurs arbres-fées. Chaque famille et presque chaque individu possédait de même ses dieux et ses fétiches, qui lui avaient été indiqués par la rencontre fortuite d'une bête ou d'un objet, par un songe, par une intuition soudaine. On leur réservait une place dans un des coins de la maison, une niche dans la paroi : une lampe brûlait sans cesse devant eux, et on leur accordait quelque menue offrande chaque jour, en plus de ce qui leur revenait aux fêtes solennelles. Ils se constituaient en échange les protecteurs de la maison, sesj^ar-

Page 1