‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 61 sur 220 · Maspero, Histoire, t. I, p · texte numérisé non relu

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diens. ses conseillers : on s'adressait & eux dans tontes les occasions de la vie, et leurs arrêts n'étaient pas moins scrupuleusement exécutés par leur petit cercle de fidèles, que les volontés du dieu féodal parles habitants de la principauté » '.

Le fétichisme s'affirma aussi dans les noms propres de certains nomes. Les dénominations du langage sont toujours liées aux idées mythologiques. Il est bon de se rappeler ici les réflexions de Max Millier: « La mythologie est simplement une phase inévitable dans le développement du langage, le langage étant pris dans son véritable sens, non seulement comme symbole extérieur de la pensée, mais comme le seul moyen de lui donner un corps. Tandis que le langage traverse celle phase particulière, toute chose peut devenir de la mythologie. Aujourd'hui que nous connaissons les lois qui président au développement ctà la décadence des mots, loin d'être surpris de l'envahissement de la phraséologie mythologique, nous en sommes à nous demander avec étonnement comment aucun langage aurait pu échapper à ce qui pourrail être vraiment appelé une de ces maladies de l'enfance, par lesquelles doivent passer un jour ou l'autre les constitutions les plus saines. L'origine de la phraséologie mythologique, quelque forme extérieure qu'elle puisse prendre, est toujours la même.

l. Maspero, Histoire, t. I, p. 122. Ainsi, le fétichisme, bous toutes Bea Formes, ne disparu! Jamais de la religion popul On le verra dans le chapitre suivant, qui contient la description systématique de la religion.

« C'est le langage qui cesse de se comprendre lui-même ; il n'y a rien d'étrange à cet oubli et dans cette confusion, si nous nous rappelons quel nombre considérable de noms les langues anciennes possédaient pour une seule et même chose... Au bout de quelque temps, il arrive nécessairement que l'un des nombreux termes qui servent à désigner le même sujet finit par prendre le dessus. Il passe à l'état de terme courant, de nom généralement adopté, tandis que les autres noms sont de moins en moins employés et finissent ensuite par tomber en désuétude et par devenir inintelligibles. Cependant, il arrive souvent que certains de ces noms, tombés en désuétude, se conservent soit dans les proverbes, soit dans certaines phrases renfermant un idiotisme, soit dans des poésies populaires ; dans ce cas, l'altération mythologique s'en empare tout de suite » *.

Nous connaissons le nome des Deux-Plumes, le nome du Sistre, le nome du Reliquaire, le nome du Sceptre, le nome du Couteau, le nome du Prince, le nome du Harpon. Ce fait a nécessairement sa raison d'être. L'explication la plus plausible c'est que ces objets, qui servaient à dénommer les nomes, étaient de véritables fétiches. On y attachait vraisemblablement une signification qui nous échappe aujourd'hui, mais qui peut avoir son origine dans l'utilité qu'on retirait de ces objets. Ce phénomène

1. Essai sur la Mythologie comparée, trad. G. Perrot, Paris, 1873, p. 209-210.

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se constate d'ailleurs dans d'autres religions primitives, et l'on est parfois étonné d<- voir que des choses insignifiantes aient reçu l'adoration des hommes. Ce qui est inutile aujourd'hui a été probablement nécessaire aux premiers âges de l'humanité; et comme le besoin que nous avons d'une chose nous la l'ait apprécier et nous met dans un étal <!<• dépendance vis-à-vis (Telle, le fétichisme «lui tirer son origine de ce beau rêve ; et les premiers hommes durent adorer ce qui avait pour eux une utilité pratique.

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