Maspero, Histoire, t. I, p
lesquelles les prêtres avaient prétendu exprimer
visiblement la réunion chez un même et re composite de qualités physiques ou morales appartenant à plusieurs êtres différente i '. Les princes de Bem-
llassan cl de Thèbes étaient même exposés à rencontrer pendant leurs chasses au déserl plusieurs de ces quadrupèdes fantastiques : griffons, hui.itosphinx, lions à tête de serpent, (les génies limitaient l'imagination du vulgaire et la jetaient parfois dans les transes de la terreur. Comment, en effet, n'en être pas effrayé lorsqu'on les voyait partout, et lorsqu'on était convaincu qu'ils ne cherchaient qu'à tracasserceux qui étaient devenus leur proie ?
Car c'était tout un monde que ces génies dans lequel les hommes vivaient et se mouvaient. Où qu'ils allassent, ils étaient exposés à les rencontrer, et à leur barrer la route. L'espace n'était-il pas i leur disposition ? Et qui pourrait les empêcher de fondre sur l'individu qui aurait huit soit peu dépassé l'enceinte des villes ? Celle perspective était continuellement présente à l'esprit du voyageur égyptien. Les génies le guettaient de tous côté» et il n'avait chance d'y échapper que par la protection d'une fée bienfaisante.
Les génies sont inséparables de l'animisme. Partout où l'on constate leur présence, on est sur les traces mêmes de l'animisme. Car les génies égyptiens n'étaient pas des êtres spirituels, analo^ii nos anges. La plupart étaient matériels, représentés