‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 66 sur 220 · Maspero, Histoire, t. I, p · texte numérisé non relu

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cil. IV. — LA RELIGION PRIMITIVE 113

les Égyptiens connurent une médecine animiste, parce que pour combattre les différentes maladies ils n'employaient que les remèdes ordinaires, donl nous nousservonsencorc aujourd'hui : des remèdes empruntés, pour la plupart, au règne végétal. Mais leur médecine fut animiste dans ce sens que, quêTle que fût l'affection qu'ils combattaient, ils ne cherchaient en somme qu'à triompher du mauvais esprit, qu'à le chasser du corps. La maladie était pour eux une possession ; la guérison était une dépossession, unedélivranec. Lorsque !<■ malade succombait dans la lutte, c'était la mort ; lorsqu'il guéris-» sait, c'était le triomphe sur l'esprit possesseur, la mise en déroute, l'expulsion du mauvais génie. L'animisme est donc à la Ijase de la médecine égyptienne. 11 engendre les maladies, et les guérisons ne sont que des victoires que l'homme remporte sur les esprits qui le tourmentent. Toute la thérapeutique, quels que soient ses moyens, vise à ce but: soustraire le corps humain à la possession Ai'> puissances hosliles, et rétablir ainsi l'équilibre dans ses organes.

1 V. — Les génies.

Nous venons de parler ^\c^ génies pathogèn Mais qui, parmi les orientalistes, ne sail «pie huile la mythologie égyptienne déborde de génies I 'es! encore là une preuve de l'animisme, car les génies en sont une survivance ou plutôt une forme. Plus

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tard nous aurons à décrire les génies divins. Pour le moment, nous nous bornons à enregistrer le fait et à rattacher à l'animisme l'existence des génies. Pour les Egyptiens, les génies étaient partout et se montraient partout. Nul élément de la nature ne pouvait se vanter d'échapper à leur invasion ; ils se logeaient partout, faisaient sentir partout leur influence, et surtout ils prenaient les formes les plus bizarres et les plus monstrueuses. Un seul de ces génies réunissait quelquefois en lui-même deux ou trois espèces animales. « Comment douter qu'il y eût des divinités à buste d'homme et à tête de taureau ou d'épervier, quand on connaissait autour de soi des sphinx et des griffons en chair et en os ? Nombre d'observations authentiques constataient l'existence de ces créatures paradoxales : plus d'un chasseur les avait vus courir distinctement sur les plans lointains de l'horizon, par delà les bandes de gazelles qu'il poursuivait, et les bergers ne les redoutaient pas moins pour leurs troupeaux que les lions ou les grands félins du désert » **.

Les sphinx eux-mêmes qui nous émerveillent par leur imposante stature, étaient des génies et appartenaient à ces êtres fantastiques, créés par la mythologie. M. Maspero a été le premier à signaler la croyance à l'existence réelle des animaux fantastiques. « Jusqu'alors les savants ne voulaient reconnaître dans le sphinx et dans les monstres égyptiens que des combinaisons allégoriques, par

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