V. — LA MAGIE
Il serait sûrement difficile de décrire tous les détails, toutes les opérations de la magie égyptienne dans les temps anciens. Elle entrait un peu partout dans tous les thèmes de la vie et servait à en dévoiler les secrets et les mystères aux privilégiés. Les sorciers égyptiens, comme d'ailleurs ceux des autres pays, avaient la prétention de connaître l'avenir, de prévoir et même de régler la marche des événements et de décider de la destinée humaine. Nous verrons plus loin comment ils rattachaient au dieu Thot l'invention des arts magiques. Ici nous n'avons qu'à tracer, dans ses grandes lignes, le cadre de la magie.
D'abord la magie du nom. On ne saurait croire quel prestige le nom avait chez les anciens Egyptiens, et combien on lui attribuait de vertu et d'ef-
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ficacité. L'onomastique était une de leurs grandes préoccupations, et on apportait les soins les plus minutieux au choix du nom. | l'es! parer' qu'on était convaincu du pouvoir magique des noms, qu'on les multipliait. Les inscriptions du temple de Dendérah donnent une longue liste des épithètes attribuées à la déesse Hâthor. L'Isis Myrionyme n'avail ni plus ni moins que dix mille noms '. Les Pharaons avaient officiellement cinq noms -. Les noms servent quelquefois à formel- les triades divines On s'appuie sur Tétymologie des noms pour opérer des transformations dans la nature el les attributs. « L'étymologic a été de son côté la source d'un très grand nombre de mythes. Le peuple es! un philosophe qui veut se rendre compte des noms qu'il entend et qui, grâce à son Imagination, !rou\ <■ aisément une histoire pour expliquer un nom propre. Plus même le conte est bizarre, plus il s'y attache, et bientôl il cite le nom comme preuve à l'appui du récit » 4. Ce phénomène s'esl produil dans la mythologie égyptienne ; nous en avons des exemples. Dans les hiéroglyphes le signe qui représente une navette exprimait le rôle de la déesse Neît, comme tisseuse. Neîl devin! une divinité abstraite