Histoire, t. I, p. 98, n
Cil. V. — LES DIEUX DE LA RELIGION POPULAIRE 139
était intervenue dans la formation du monde, avec llàl.liordc Dcnderah. Le groupe mâle se composai! de £ujiixjû dicu\ : Anhouri-Shoa de Sebennytos el de Thinis d, Harmerali, IIoius aux deux yeux, et Pharbœtfaos 8, //ar-Sa/xli, Horus source de la lumière zodiacale, dans l'ouady Toumilàl ::, llarliouditik Edfou 4. Quand on y regarde de près, on s'aperçoit que ces divinités ne sont que des points de vue sous lesquels on envisage le ciel. Ce qui fait la plus grande difficulté delà mythologie égyptienne, c'est que le même dieu représente parfois plusieurs éléments, ou les multiples aspects d'une seuleet mêmechose sont représentés par plusieurs dieux.
2° — Les dieux-soleil.
Le soleil a donné naissance à une pleïade de dieux. Deux raisons expliquent ce phénomène : une générale et l'autre particulière. La première esl commune à tous les peuples. « Avanl que la religion fut arrivée à proclamer que Dieu doit être nus dans l'absolu el l'idéal, c'est-à dire hors du monde, un seul culte fut raisonnable ei scientifique, ce fui
1. MASPERO,£fude« de Mythologie, t. U,p. 332, :: Inhouri- Shou esl en réalité un couple de deux dieux ; pris ensembl deux <li<Mix représentent le ciel el la terre.
2. Brugsch, Religion une Mythologie, p. 667; Lanioni . D rie di Mitologia, p. 616 619,
:; Brugsch, a ou la lumière todiacale, dans lea Proceed 1892-1893, i. \\, p. 235 ; Religion und Mythologie, p. 566-671. I. Maspbro, Etudes de Mythologie,t II. p. 313, n
le culte du soleil » 4. « La vénération pour le soleil, née d'un sentiment de reconnaissance pour ses bienfaits quotidiens, accrue par l'observation de son rôle immense dans le système cosmique, était l'aboutissant logique du paganisme » 2. Ces paroles nous font comprendre pourquoi le culte du soleil était destiné à devenir le terme de l'évolution religieuse du monde romain : « Vers le temps où se répandit le christianisme, le soleil était devenu le Dieu universel de l'Empire romain. Son culte servait en quelque sorte de lien religieux et politique entre toutes les populations, quelles que fussent leur origine, leur langue, leurs croyances particulières. Chacun, disait Lucien3, voit le soleil luire dans sa patrie, et quoique chacun le déclare sien, le dieu est commun à tous, il était le vrai Dieu, Deus certus.
« Tous aussi désignaient le soleil par un même qualificatif, celui de Maître ou Seigneur : Baal, Adonaï ou Adonis, Kupioç, Dominus avaient la même signification. Aussi, d'un bout à l'autre de l'Empire, tout le monde disait du premier jour de la semaine indifféremment le jour du Soleil ou le jour du Seigneur. Le grand astre était ainsi proclamé le Seigneur et Maître de l'Empire Romain, Sol, Dominus imperii Romani » 4.
1. Renan, Lettre à Berthelot, dans Dialogues et fragments philosophiques, p. 1G8.