‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 88 sur 220 · Hociiart, La Religion solaire dans l'Empire romain, dans · texte numérisé non relu

Hociiart, La Religion solaire dans l'Empire romain, dans

cil. V. — LES DIEUX DE LA RELIGION POPULAIRE 1 11

La seconde raison est propre aux Égyptiens. Si le soleil est le bienfaiteur de toutes les contrées du globe terrestre, il l'est, d'une manière particulière, de l'Egypte. L'empire des Pharaons est un pays ensoleillé. D'un bout de l'année à l'autre, le soleil le darde de ses rayons et lui octroie sans mesure la chaleur et la lumière. Si le Nil, par ses eaux, féconde la vallée, le soleil, par ses rayons. active et développe la vie sous toutes ses formes. On conçoit donc que les Egyptiens aient payé ;i l'astre roi leur tribut de vénération et de reconnaissance, et se soient plu à le regarder comme une source, un foyer d'énergies et de ma ni lesta lions divines. Ils le considéraient sous bien des aspeels, et dans chacun de ces aspects ils découvraient un cortège de dieux.

D'abord le soleil pris en lui-même. HA est le dieu, soleil par excellence. C'est lui qui de tout temps fut le plus universellement adoré en Egypte. Du ciel, où il habitait, il distribuait ses bienfaits à la nature tout entière. L'étymologie elle-même avait eu soin de traduire la puissance et l'efficacité de son action. D'après la plupart des égyptologues, Râ dérive du verbe Râ qui signifie « donner, faire être » une chose, nue personne. Comme son influence sur la terre était considérable, Râ avait un pouvoir, pour ainsi dire, créateur. Il serait Poi

Annalet de la Faculté </<•* Lettres de Bordeaux, lvs7, p. 60-61. Sur le culte de Sol voir i si m r, Reinischet Mu$eum, i ■ \ [1905 . i ■ i ■ et suiv., 489 et suiv.

nisateur par excellence 4, Fauteur de tout2. Lauth a voulu même décomposer ce mot monosyllabique en deux lettres ; Râ se décomposerait en R, « faiseur », et a, « être » 3. Quelle que soit la signification du terme, personne ne conteste que Râ ne soit le soleil.

Nous avons déjà vu que beaucoup concevaient Horus comme le ciel. L'imagination populaire ne tarda pas à chercher une combinaison. Comme le soleil est l'astre le plus éclatant du ciel terrestre, on identifia Horus et Râ. Les deux dieux, par un échange réciproque, se communiquèrent toutes leurs prérogatives, tous leurs titres, et l'on eut ainsi quelques dieux équivoques, nés de la confusion de Râ et d'Horus. Il semble pourtant que ce soit le soleil qui bénéficia le plus, car il prend dans les textes divers rôles : il se substitue, dans une certaine mesure, à Horus. Le soleil devint ainsi : Harmakoniti, « Horus des deux montagnes » ; c'est le soleil qui se lève le matin de la montagne de l'Est, et disparaît le soir dans la montagne de l'Ouest. Depuis Champollion on identifie Harmakouïti avec YHarmakis des Grecs, qui n'est que le grand Sphinx. Le soleil devint Havtimâ, Horus piquier, qui perce de sa lance le serpent des eaux célestes 4. Il devint

1. Birch, dans Wilkinson, Manners and Customs, 2* édit. t. III. p. 214.

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