Cf. Papi ï". lig. 436-440 : Mirinri, lig. G
cil. V. — LES DIEUX DE LA RELIGION POPULAIRE 153
Cette conception n'était cependanl pas universelle. La tradition avail conservé el colportai! une autre explication. Le ciel ei la terre sonl un couple
de «lieux : Si hou et A ouït ; leur mariage esl la - 'ce
de tous les êtres. Ce mythe esl assurémenl plus philosophique. Le ciel et la terre étaient pour les anciens toute la création ; et lorsque la Bible veul décrire l'acte synthétique de la création, elle dit, Gen. i, 1 : « Au commencement Dieu créa h* ciel et la terre », c'est-à-dire toul ce qui existe. D'ordinaire on attribuait une figure humaine ù Sibou et à Nouït. Un mythe, 1res probablement de nature phallique, représentait le dieu-terre Sibou, étendu sous Nouit, le ciel étoile. Cette idée ne doil pas déconcerter ; elle est même toute naturelle. Comme pour les Égyptiens et pour d'autres peuples de l'antiquité, le ciel était une calotte surplombant la terre, il est tout naturel que la divinité de la terre soit au-dessous de celle du ciel. Ce qui esl plus difficile à comprendre, c'est que la terre ail élé un dieu et le ciel une déesse.
D'autres s'imaginaient une autre -crue. Sibou se cachait dans un jars ('■nonne. La Femelle de ce jars avail pondu l'œuf du soleil. Les cris par lesquels Sibou félicitait sa compagne el annonçai! la ponte de l'œuf, lui avaient mérité le surnom de « grand Caqueteur », IVgaga oîrou {. C'était comme un coq
1 . Livre des morts, chap. i i\ . édit Navillb, I I. pi. lxvi ; Lepaoe-Ri noi f, Seb the gréai Cackler, dans lea Pi vu, p. 152-'<Ê54. Sur le rôle de l'oeuf dans la religion égyptienne,
qui se félicitait des prouesses de sa compagne. D'autres faisaient de Sibou un taureau, le « taureau de Nouît » *, le père des dieux et des hommes. Nouît alors se transformait à son tour : elle devenait une vache opulente, une Hâthor. Son ventre, semé d'étoiles, forme le firmament, surplombe notre terre, et on l'aperçoit en levant la tête. Ses jambes sont quatre piliers dont chacun occupe un point cardinal 2.
Si l'on se rappelle ce que nous avons dit de Rà, conçu comme le disque solaire, Atonoa, de Râ, œil droit, qui est le ciel conçu comme Horus, et de Râ fils, qui est le ciel conçu comme déesse, on aura toute la mythologie des astres.
4° — Les dieux-constellations.
Les astres suspendus à la voûte du firmament ont entre eux un ordre, une disposition ; ils sont divisés en groupes, en petites républiques et forment des constellations. Les Egyptiens eurent certainement la notion des constellations célestes ; mais, comme toujours, ils virent des divinités dans ces constellations, qui prenaient à leurs yeux différentes formes. Dans les temples et dans les tombes, ils tracèrent des tableaux astronomiques où ils consignèrent leurs connaissances uranographiques. La
on peut voir une élude de Lefébure dans la Revue de V Histoire des Religions, t. xvi, p. 16-25.