CIL V. — LES DIEUX DE LA RELIGION POPULAIRE
morts dous raconte cei épisode '. Pendanl quelques jours, il restait enfoui au fond du Nil; mais le soleil, l'œil droit, le cynocéphale allait le reprendre et le rapporter à Horus. Il ne tardai! pas à se remettre el à devenir sain, ouzait*. La truie l'attrapail <1<- nouveau, le déchirait, puis les dieux le ravivaient une seconde l'ois; il passait ainsi par des alternatives <\<splendeur croissante el d'affaiblissement progressif; chacune de ces alternatives durait quinze jours. se produisait une éclipse lunaire c'est que la truie avait avalé, pour quelque temps, l'œil :;.
Il va de soi que la barque lunaire suivail la même voie que la barque solaire. ( lhaque soir, elle sortait de riladès par la porte que Râ avail franchie le matin même, et, au fur et à mesure qu'elle montait à l'horizon, les étoiles, suspendues comme des lampes au firmament, apparaissaient lune après l'autre. Chaque étoile avail à son service des génies, dits Indestructibles, Akhîmou Sokou, ou Immuables, Akhîmou Ourdou. Les premiers sonl les astres qui accompagnent Râ dans le ciel du nord, le^ seconds, ceux qui l'accompagnent dans le ciel i\u midi '• Chaque groupe de ces génies embrassait une mul-
1 . Édit. Na ville, 1. 1, pi. cxxn i \\\ ; «'-'lit Lepbius, pi. «lui ; cï. Goodwin, On //«• //.■>//; Chapter of Ihe liihinl. dan? la 8c/ir//7;LEFÉBi ri . Les yeuxùVRorus I «lu Mythe Osirien ■
2. Ouzati signifie le « verl ». L'œil rardé B'appelait ouia qu'il était censé être bien portant.
."{. Lefébure, Les yeux (THorus, p. 13 el Bulv. I. Brugsch, Thésaurus inscript, mgypliac. p, 10 12 tologie, p. i>vi el Buiv.
titude d'étoiles1. Ces génies étaient en somme des agglomérations stellaires, et leur nom à' Indestructibles et d'Immortels leur venait de ee qu'on ne les voyait jamais disparaître. Ils escortaient le roi du ciel avec une discipline toute militaire.
3° — Les dieux-astres.
On pensait communément que le ciel c'est Horus le Grand, Haroeris, qui domine du haut des airs toute la création. Haroeris était un épervier, mais son nom, se prêtant à un calembour, lui donna une autre forme. Le terme horou signifie en égyptien le visage humain. Horus eut du coup une face divine : les deux yeux de cette face, Irîti, Ouzaiti, sont, comme nous lavons déjà dit, le soleil, l'œil droit qui éclaire les jours, et la lune, l'œil-gauclie. qui éclaire les nuits. 2. Cette face avait du reste sa lumière propre : la zodiacale, dont les rayons, se répandant dans l'espace, affectaient le dessin d'une pyramide, dont la base repose sur le sol et le sommet s'incline vers le zénith 3. Quatre nattes de cheveux rattachaient ce visage à la terre ; c1 é ta ient^des piliers qui soutenaient le ciel et l'empêchaient de tomber sur la tête des hommes4.