‹ La religion de PlatonChapitre 121 sur 164 · Cf. !Soph., 252 e · texte numérisé non relu

Cf. !Soph., 252 e

tacle la constance même de ce mouvement circulaire. Pareillement, la vie des âmes est conçue comme un circuit ; les âmes « montent ou descendent, selon qu’elles perdent ou gagnent en intelligence ou en stupidité ))^, et « ce sont toujours les mêmes âmes qui existent »*. Réussite ou échec ne sont jamais définitifs (sauf pour les âmes qu’une vertu constante ou un vice inguérissable ont exclues du cycle des naissances). Tout, dans l’âme, dépend de la raison® qui ne se perd pas une fois pour toutes et qui ne s’acquiert que durant une vie ou des vies entières.

Ni le salut ni la perdition ne sont donc liés à des décisions ou à des actes irrévocables. Ce qu’on pourrait appeler révélation dans le platonisme ne produit jamais une « conversion » définitive, et l’inspiration, l’illumination « brusque ))^, la sagesse qui nous « advient d’elle-même ))® et qui « tombe je ne sais d’où n’a pas d’emploi dans cette science du salut qu’est la dialectique. D’où la critique de l’inspiration poétique (laquelle, cependant, est expressément attribuée aux dieux), parce qu’elle s’en va aussi soudain qu’elle est venue et laisse le poète aussi ignorant qu’avant. Vertu et savoir sont toujours à conquérir'; l’ignorance et le vice nous tentent à chaque pas. Toute déchéance peut grever l’avenir, mais non, à de rares exceptions près, le compromettre irrémédiablement ; une fois subi son châtiment, l’âme peut toujours se reprendre,

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