‹ La religion de PlatonChapitre 134 sur 164 · P. ex. Phil., 28 c, 30 d · texte numérisé non relu

P. ex. Phil., 28 c, 30 d

CULTE ET SENTIMENT RELIGIEUX

unissant leurs efforts, des servitudes bienheureuses que leur imposent la tradition et « le donné » inéluctable sous toutes ses formes. Si l’on voulait poursuivre le problème de l’individualisme chez Platon, on trouverait sans doute que la valeur reconnue au « singulier » s’attache, non à l’individu même (l’amour de soi reste « le plus grand des défauts »), mais aux créations de la tradition dans le domaine de la Cité. L’historien aurait tort d’y voir simplement un préjugé de l’aristocrate athénien ; en tout cas, si préjugé il y a, il pénètre la philosophie tout entière de Platon. La fidélité et l’obéissance dont le Socrate du Criion témoigne à l’égard de la Cité et « du Dieu » ne diffèrent pas essentiellement de celles que le philosophe apporte aux mythes et aux exigences^.

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