‹ La religion de PlatonChapitre 133 sur 164 · Tzm., 40 e (trad. A. Rivaud · texte numérisé non relu

Tzm., 40 e (trad. A. Rivaud

en doute pour accomplir la montée jusqu’au Bien. Le dialecticien qui devait laisser là Euthyphron, Ion, Simonide, pourra, législateur, rattacher ces traditions au Principe intelligible d’où elles procèdent. Les Lois organisent avec minutie ces devoirs religieux où, en face d’Euthyphron, Socrate s’était refusé à voir des pratiques de piété. De même le Politique, en vertu de la science souveraine, réhabilite toutes les professions qui, au départ, avaient fait figure de techniques séditieuses et révoltées contre la science politique. Ici comme là, la redescente dialectique ordonne et restaure les pratiques aveugles et, de fausses valeurs, fait des valeurs dérivées. Telle est la justification dialeptique des traditions religieuses. Il faut ajouter que « c’est le culte national qu’il se préoccupe de maintenir... ; l’impiété qu’il réprouve et qu’il prétend réprimer est celle qui fait offense à la religion des pères ; et pour cette religion, ses accents émus ne sont pas cherchés ))^. . Le dialecticien retrouve les traditions auxquelles, semble-t-il, l’Athénien n’avait cessé d’adhérer.

L’acceptation de la tradition, si peu conforme à l’esprit dialectique qui rejette toute autorité, tient une place importante dans « la religion de Platon » ; non seulement, ce qui va de soi, dans la religion traditionnelle des Lois, mais dans les exigences essentielles^ et les mythes sur lesquels s’appuie la dialectique. Ni la raison, portée à la spéculation sans frein et au rationalisme borné, ni la ferveur, tentée par la superstition et l’illuminisme, ne peuvent se passer, même en

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