‹ La religion de PlatonChapitre 136 sur 164 · XII, fin · texte numérisé non relu

XII, fin

offrandes et Tensemble du culte »^. Comme le Démiurge ou les divinités astrales^ nous ont révélé les Formes qui se laissent ressaisir dans Tacte de la réminiscence, de même le culte et les fêtes nous ont été donnés par les dieux bienveillants qui, prenant en pitié le genre humain accablé sous le poids des besognes quotidiennes, nous ont ménagé dans les fêtes des instants de répit®. Il faut même renverser Topinion courante qui ne voit dans les fêtes que des jeux où s’interromprait le sérieux de la vie. Au contraire, tout le sérieux de notre vie est dans ces fêtes où nous avons les dieux pour compagnons^ ; le reste, toutes les occupations de la paix et de la guerre, il ne faut l’organiser qu’en vue du culte et en faire des causes adjuvantes pour notre bonheur réel®. C’est en faveur de la religion que s’opère ici le renversement des Valeurs que la dialectique produit dans l’âme humaine. Toujours ce qui nous paraît comme la réalité la plus sûre et la plus sérieuse doit s’effacer au prix d’une « réalité réellement réelle », et toujours il s’avère que nous faisons « tout le contraire de ce qu’il faudrait »®. Le philosophe se soucie des nécessités de la vie uniquement pour se ménager d’autant plus sûrement les « loisirs »’ que réclame le « jeu sérieux »® de la dialectique ; le citoyen acceptera toutes les servitudes de la vie politique, parce que seule une Cité bien gouver-

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