Lois, V, 731 a
CULTE ET SENTIMENT RELIGIEUX
d’envie », ainsi comprise, enlève au principe de rivalité son principal ressort, l’exaltation de l’individu, et le fonde sur l’amour du Beau, sur !’« admiration » qui ne demande rien pour elle-même, si ce n’est la « présence » et la « contemplation »^.
Les rapports entre les citoyens sont ainsi déterminés par le culte des dieux et la pratique de la vertu. Mais ils manquent peut-être d’une certaine affection, ils ne baignent pas dans ce climat de sympathie, de chaleur que les modernes trouvent par exemple dans la famille^. Le problème de l’entr’aide matérielle est d’ordre politique, non moraP. La seule aide véritable est dans l’exhortation et dans l’enseignement. Le citoyen de la Cité des Lois croirait rendre un service indigne à l’ami tombé dans quelque disgrâce, s’il l’en plaignait plus qu’il ne voudrait se plaindre luimême, s’il était à sa place^. Pas plus qu’il ne faut concéder aux passions cette revanche tortueuse qu’elles cherchent à prendre sur la raison victorieuse®, pas plus il ne faut que notre désir de gémir® et de nous soucier trouve à s’employer et à s’affairer autour du prochain, afin de rétablir, par détour, sa suprématie’.