‹ La religion de PlatonChapitre 140 sur 164 · V. GOLDSGHMIDT · texte numérisé non relu

V. GOLDSGHMIDT

La douceur se manifeste dans les entretiens sous forme de « bienveillance et d’absence d’(( envie C’est une vertu « philosophique », parce qu’elle repose sur une « connaissance »^. Le courage nous fait résister, dans la recherche de la vérité, au mensonge, à la paresse, à la facilité^.

« L’absence d’envie », pour les divinités astrales, consiste à admettre dans leur cortège toutes les âmes qui ont « la volonté et le pouvoir » de les suivre^. A cette générosité divine correspond, chez les citoyens, le désir de « communiquer leur vertu aux autres »®. Tous doivent concourir avec les magistrats à l’enseignement et au châtiment de leurs concitoyens; et c’est la douceur et le courage qui les en rendent capables’. La constitution prévoit des « concours » et des « prix » de vertu®. Mais, pas plus que le philosophe ne doit s’attribuer le mérite du savoir qu’il acquiert, pas plus la vertu ne doit exalter la personne où elle se trouve. L’antique principe de l’émulation change ainsi de sens. Ce n’est plus, comme lors des concours tragiques, une rivalité entre individus : « toute la Cité s’exerce à rivaliser de vertu »®. La vertu doit pénétrer la Cité entière, et il importe fort peu qu’elle se trouve en Pierre plutôt qu’en PauP®. « L’absence

1. Rép., VI, 499 a-500 a; Théét, 168 b 3-4; Lettre Vil, 344 b 5-6.

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