Religion et Politique
La Cité antique vivait et mourut avec son culte officiel. Elle se mourait déjà, à l’époque de Platon, et si les Lois rétablissent les traditions religieuses et les veulent raviver par des sentiments de piété, c’est parce que c’était le seul moyen de maintenir vivante, avec la religion, la Cité. même, au mépris peut-être de l’évolution historique, mais en pleine fidélité à l’égard de la tradition. La Cité des Lois n’est cependant pas une « théocratie », si ce n’est au sens étymologique du terme. Platon rejette formellement le gouvernement des prêtres^. Si, dans les Lois, certains hauts magistrats sont nommés prêtres d’Apollon et du SoleiP, ce n’est pas que les prêtres soient autorisés à concourir avec le politique ; le pouvoir s’enveloppe de la prêtrise, il n’en procède pas. En revanche, dans la mesure où, dans les Lois, le Bien prend les traits de Dieu^, on peut en effet parler d’une « théocratie », mais c’çst la même que dans la République. Si le Bien, si Dieu doit gouverner l’État, c’est toujours par l’intermédiaire de ces sa’^^ants qui s’appellent