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2. Lois, XII, 967 d sqq. — Cf. Le Parad. dans la Théorie plat, de V Action, Rev. des Et. Gr., t. LVIII, 1945, p. 125, n. 7.
4. Whitehead, Le Devenir de la Religion^ Paris, 1939, trad. Ph. Devaux, pp. 52-53.
par ses trois notes : Bien, Dieu, religion rationnelle, à l’union platonicienne entre philosophie et religion ; mais l’jon a vu que les dieux de la Cité^ de la Cité charnelle, ont leurs autels dans la République idéale.
Pour des raisons de méthode, nous nous sommes interdit, au cours de cet essai, toute attitude critique. Sans nous départir de cette réserve, nous voudrions, en guise de conclusion, présenter les remarques suivantes. Le souci d’équilibrer les contraires peut expliquer la réussite extraordinaire du « divin Platon » sur 4e plan de la philosophie. L’influence exercée par Platon sur les penseurs ultérieurs s’inscrit dans toute l’histoire de la philosophie et sur des pages écrites de la main de penseurs très différents ; l’œuvre de Platon, qui a suscité tant d’interprétations divergentes, semble refléter l’univers, plutôt que de le mutiler. Non pas que Platon ait réussi, ait pu réussir à capter l’univers dans un système exhaustif. Au contraire, s’il est une chose que les philosophies contemporaines semblent avoir prouvée, c’est que de l’incohérence et de la discontinuité de l’univers, aucun effort de systématisation ne saurait venir à bout. Mais c’est plutôt parce que la pensée platonicienne imite parfaitement un Démiurge qui n’est pas toutpuissant ; aussi, devant telle « contradiction » dans les Dialogues^ avons-nous souvent l’impression qu’il vaudrait mieux « l’attribuer à l’Univers plutôt qu’à Platon »L
Mais peut-être cette réussite expliquerait-elle à son tour l’échec de Platon sur le plan de l’action qui est aussi i© plan de la politique ©t d© la religion. L’expé*»
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CONCLUSION
rience de Sicile, trois fois tentée, a échoué ; en matière religieuse, l’influence intentionnelle et directement assignable de Platon n’a pas dépassé le cadre de l’École, ou des Écoles ; « la religion de la Cité platonicienne » n’a pas vécu, là où Platon voulait la faire revivre, dans la Cité. N’était-ce pas parce que les exigences de la réalisation rejettent comme des compromis impuissants les conciliations démiurgiques du philosophe (on pouvait philosopher ou régner, rester avec les disciples ou rejoindre — ou renverser — Denys ; mais l’on ne pouvait, de l’Académie, régenter le tyran, ni, à Syracuse, gouverner selon la philosophie ; on ne pouvait défendre « la religion de la Cité » et, tout ensemble, combattre avec une admirable constance depuis le Gorgias jusqu’aux Lois « l’impérialisme athénien » ; la cause des divinités poliades était bien mieux soutenue par le patriotisme d’un Démosthéne qui n’était pas élève de Platon et que son adversaire a pu traiter d’impie) ? Et n’était-ce pas aussi parce que les hommes ne sont pas, comme le philosophe, des « enfants », qu’ils ne veulent jamais « les deux », mais qu’ils veulent la décision dramatique et le choix ? Dès lors, chaque fois que, sur le plan politique ou religieux, , une réalisation s’est inspirée ou réclamée de Platon, il fallut qu’en même temps elle choisît contre Platon. Du moins, si l’on accorde le principe même de l’intention de Platon, qui est de ne jamais séparer philosophie et religion, on peut trouver chez lui une inspiration, sinon les éléments d’une doctrine* Si au contraircj on admet — * et il n’est pas absurdi de »’y décider que tout croyant choisit m dehors et, en dernier ressort, choisit contre ta philosophie, il n'a rien à apprendre de Platon, mm
rien non plus, semble-t-il, à appréhender de lui, si ce n’est une tentation intellectuelle. C’est dire que pour la foi, le platonisme authentique est bien moins que d’autres courants de la pensée antique, et en particulier le stoïcisme (Malebranche ne s’y est pas trompé), un redoutable attrait.