‹ La religion de PlatonChapitre 162 sur 164 · J. Moreau, VAme du Monde de Platon aux Stoïciens, p · texte numérisé non relu

J. Moreau, VAme du Monde de Platon aux Stoïciens, p

CONCLUSION

statique et la religion dynamique (Bergson) semblent avoir leur équivalent dans les religions civique et astrale (cosmique). Mais ces deux dernières se superposent et ne s’opposent pas. Le culte officiel, nous l’avons vu, s’adresse avant tout au panthéon traditionnel et national ; les connaissances astronomiques et « les connaissances préparatoires indispensables » (il y a là un renvoi évident au cursus de la République) sont réservées aux magistrats du Conseil Nocturne^. Le Bien, le Démiurge, le Monde et les Astres, divinités universelles, dominent la religion de la Cité ; mais cette religion même ne peut être que nationale et domine, pour ainsi dire, par en bas : car, plus que le philosophe, le législateur accepte la tradition (même VEpinomis est, sur ce point, d’accord avec la République et avec les Lois^), et même le philosophe, au cours de la redescente, retrouve, accueille et revalorise le « donné » et les servitudes de la Caverne, où l’âme incarnée pourrait dire, selon le mot d’Héraclite : « même ici il y a des dieux ». — Enfin, dans l’opposition entre « une conscience sociale » et « une conscience mondiale » (Whitehead), la première confondant « l’idée du bien... avec celle de conservation », la seconde s’élevant « à la notion de l’essence du bien », en sorte que « dans une religion plus pure, que le concept d’univers a rendu plus rationnelle, on s’applique à comprendre la bonté de Dieu afin de pouvoir lui ressembler »^, — le second terme semble comparable,

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