Cral., 386 b
5. Cf. Phèdre, 237 d-e ; Prol., 352 b sqq. ; Phéd., 68 d sqq. ; Lois, V, 731 d fin-e.
6. Ce n’est pas exactement ce que le moyen, âge appellera la via eminentiae, puisqu’il ne s’agit jamais de « preuves » au sens strict (cf. pp. 43, 138, 149) ; de la même manière approximative, on pourrait comparer les exigences essentielles à 1’ « argument » ontologique (cf. notre étude sur Les Dial, de PL, p. 49, n. 7).
LE RÈGNE DES FORMES
Dans la position des Formes, science, morale et religion se confondent en une unité si intime, si harmonieuse et, surtout, si naturelle qu^aucun des épigones (avoués ou non) n’a pu ni osé la maintenir. Il ne suffit pas de dire que les Formes sont des lois scientifiques^, puisqu’en elles nous atteignons non seulement les modèles stables de l’univers visible, non seulement les impératifs de nos actes et nos œuvres, mais encore la cause de tout ce qui est et devient. Poser les Formes, c’est, si l’on peut dire, faire un acte de foi scientifique. Les objets sensibles provoquent, comme causes occasionnelles la réminiscence, mais les Formes ne sont pas « extraites » des sensibles ; leur position est exigée par elles-mêmes. La a conversion dialectique est à la fois la pénétration de la vérité dans notre savoir et la contrainte exercée par les exigences sur notre volonté. S’il est vrai que toute religion tend à la connaissance de l’Être qui nous dépasse et à l’égard duquel nous éprouvons un sentiment de « dépendance absolue », il faut dire que la religion de Platon se confond tout entière avec la dialectique^.