I. — La Recherche du Vrai
Un jour qu’on lui demandait pourquoi il était né, Anaxagore répondit : « Pour observer le soleil, la lune et le cieP. » — C’est là une réponse de savant. Mais ceux mêmes qui ignorent l’astronomie se montrent « amateurs de spectacles et courent partout où ils pensent trouver quelque chose qui a mérite d’être vu ))®. Le désir de voir et de savoir est naturel à l’homme. Mais qu’est-ce qui mérite, au juste, d’être vu et connu? Et l’homme est-il capable d’en obtenir une vision claire et un savoir ferme ?
Depuis son « aurore », la science grecque a cherché à protéger la connaissance contre la dispersion, le flottement et l’erreur, et à lui assurer un objet un au sein de la multiplicité des choses, stabJe à travers leur changement, réel derrière leur apparence. La substance primordiale répond à cette triple condition. Unique^, inaltérable et permanente, elle est comme