Tim., 68 e sq. ; cf. 29 a
4*. Phéè„ 106 d 3-4, 8.
Forme qu’il devra « imprimer ))^ à la matière, l’artisan n’est l’auteur ni de cette Forme, ni même de la copie qu’il en trace. Son habileté personnelle semble inventer, combiner, ruser avec les obstacles de la matière^ ; elle est entièrement au service du Modèle et déterminée par les exigences du Lit intelligible. Une fois décidée la fabrication de tel lit, pas plus qu’il n’a dépendu du menuisier d’en imaginer la Forme, il ne dépend de lui de l’imiter d’une façon plutôt que d’une autre. Semblable à un interprète, il ne commande ni à son texte, ni à sa traduction ; à supposer, bien entendu, qu’il traduise « fidèlement ». Mais il dépend de lui de traduire ou de ne pas traduire ; la volonté de la Forme réclame une obéissance fidèle à l’artisan qui veut l’imiter, elle ne le contraint pas à vouloir imiter.
Choisissons donc un autre exemple. Pourquoi Socrate préfère-t-il la mort à l’évasion ? — Négliger ici la causalité formelle au profit de la causalité « physique » et alléguer comme cause la constitution physiologique de Socrate, ses muscles et ses os, serait « par trop absurde » : « Il y a beau temps, j’imagine, que ces muscles et ces os seraient du côté de Mégare ou de la Béotie, transportés par l’opinion du meilleur, si mon opinion n’avait pas été qu’il était plus juste et plus beau, plutôt que de fuir et de m’évader, de me soumettre au jugement de la Cité, quel qu’il fût^. » — Si donc Socrate demeure en prison, c’est qu’il le veut bien. Ou encore : parce qu’il estime que